Les moutons seront probablement plus chers cette année

Les moutons seront probablement plus chers cette année

Les prix des béliers sont logiquement prévus à la hausse cette année. En effet, à l’approche de l’Aïd Al-Adha, le Maroc traverse une période de sécheresse passagère mais à fort impact. «Il est sûr que le retard des pluies affectera directement le coût de l’alimentation du bétail. Surtout s’agissant des ovins, dont la principale alimentation provient des pâturages quasiment gratuits», a expliqué Mohamed Ouayach, président de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural (COMADER). En effet, quand les pâturages ne sont plus suffisants à nourrir leur bétail, les éleveurs se voient obligés d’acquérir un aliment complémentaire pour des frais additionnels. «Logiquement, ce retard des pluies devrait avoir un impact direct sur le prix des béliers en cette occasion sacrée, mais c’est sans compter que généralement, les éleveurs disposent d’un petit stock d’aliments pour bétail pour se protéger des aléas climatiques et des fluctuations du marché. Je ne sais pas si avec la conjoncture actuelle les prix de ces aliments vont flamber, mais dans tous les cas ils étaient déjà à des niveaux assez élevés», a souligné M. Ouayach. Et de poursuivre : «Cela fait trois années que les prix des béliers sont stables, nous ne pourrons donc pas nous prononcer avant l’avènement de l’Aïd Al-Adha». Ainsi, M. Ouayach se veut rassurant en éloignant le scénario catastrophe. «La direction de la météorologie nous a annoncé des pluies dans les deux jours qui suivent, cela pourrait bien renverser la donne. Mais ce qu’il faut retenir, c’est que les prix des aliments pour bétail sont très variables et que les éleveurs ne se laissent généralement pas surprendre par les aléas climatiques», a déclaré M. Ouayach. Pour rappel, l’année dernière, sur les grandes surfaces, les prix des animaux variaient ainsi entre 46 et 47 dirhams le kilo pour la race «Sardi» et entre 42 et 44 pour la race «Bergui». Dans les souks et autres points de ventes, les prix oscillaient entre 1.800 et 3.500 dirhams la tête pour le «Sardi» et entre 1.500 et 2.500 pour le «Bergui». Dans ce sens, les ventes des animaux destinés au sacrifice de l’Aïd avaient généré en 2010 un chiffre d’affaires de l’ordre de 7,7 milliards de dirhams, dont 80% ont été injectés dans le milieu rural. Aussi, l’offre de bétail, ovins et caprins confondus, destinée au sacrifice de l’Aïd, dépassait largement la demande avec 7,6 millions de têtes disponibles et de «très bonne» qualité. En effet, l’importante offre de 4,73 millions de têtes d’ovins mâles et de 2,87 millions d’agnelles et de caprins excédait la demande qui se chiffrait à quelque 5,2 millions de têtes, dont 4,2 millions d’ovins mâles, 550.000 d’ovins femelles et 428.000 de caprins.

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