Les origines du capital-risque

Le capital-risque, tel qu’il est appliqué aujourd’hui, est né aux Etats-Unis vers les années quarante (exactement en 1945). Il a connu un véritable essor à partir de 1950 sous le nom de venture-capital. C’est à ce moment là que l’industrie électronique a inondé le monde de ses nouveaux produits (semi-conducteurs, ordinateurs, instrumentation…). Il faudra cependant attendre le train de mesures fiscales libérales de 1978, comme la réduction de l’imposition des plus-values et l’assouplissement des règles de gestion des caisses de retraite, pour assister au vrai décollage du capital-risque. De 1979 à 1983, le développement du capital-risque a été multiplié par six pour dépasser les 2 milliards de dollars. C’est à partir de cette date que les milieux d’affaires dans le monde se sont tournés vers le modèle américain.
Au-delà des mesures fiscales et financières qui ont conduit à dégager des capitaux, les spécialistes estiment que l’explosion du capital-risque américain est intimement lié au développement de nouveaux créneaux particulièrement le High-Tech mais aussi de la mobilisation des nouveaux prêteurs. Malgré la diversité des approches concernant le capital-risque, il y a lieu de retenir trois aspects fondamentaux permettant de définir cette forme de financement selon le modèle américain. Le capital-risque est un apport en fonds propres dans une PME naissante ou en développement, présentant des perspectives de croissance. Le rôle de l’investisseur ne se limite pas à un simple apport financier. Il remplit aussi une mission de conseil en jouant le rôle de partenaire actif et s’implique dans la gestion de l’affaire. L’activité de l’entreprise est orientée vers un projet novateur. L’exemple de la Silicon Valley est à ce propos le plus illustrateur. Notons que le prêteur s’attache plus à des critères de décision qualitatifs que quantitatifs.
Contrairement au banquier qui cherche de véritables garanties et s’assure de la liquidité de ses placements au moment des échéances de ses remboursements, le capital-risqueur est censé être un véritable partenaire de l’entreprise partageant les risques de lancement, le développement et les profits, en cas de succès. Les opérateurs doivent également avoir à l’esprit que tous les investisseurs en capital n’interviennent pas au même stade de développement de l’entreprise. Certains sont spécialisés dans le «seed capital ou capital amorçage. Il s’agit d’une intervention au moment de la gestation de l’idée qui est bien affinée par les deux partenaires avant d’être concrétisée. Ce stade est le plus risqué. C’est à ce niveau qu’intervenaient les «venture capitalist» américains qui sont à l’origine du concept de capital-risque. D’autres choisissent de prendre des participations dans des projets de création d’entreprises (capital-création ou Start-up). Une troisième catégorie opte pour le capital développement qui consiste à entrer dans des sociétés saines et matures qui cherchent des fonds propres pour soutenir leur croissance. Dans ce cas, le capital investisseur intervient généralement suite à l’ouverture du capital par les actionnaires.
Nombre d’experts s’accordent à dire pour classer ces trois types de spécialisations dans le métier de capital-risque au sens strict du terme. Cette classification tient au fait que le capital – transmission, inclus dans le concept global de capital investissement, est un créneau un peu à part en ce qu’il vise uniquement le financement des transmissions d’entreprises. Il consiste à appuyer toute opération de transfert du pouvoir industriel et financier. Soit à des cadres dirigeants, anciens salariés ou non de l’entreprise, lors de la cessation d’activité du fondateur ou à l’occasion du désengagement d’un grand groupe d’une filiale, soit à la partie des actionnaires familiaux les plus motivés par le développement de l’entreprise à l’occasion de la cessation d’activité du fondateur ou en cas de séparation entre les actionnaires.
Une telle opération est appelée LBO par les Anglo-Saxons. Il s’agit plus précisément d’une technique financière qui permet d’acquérir le contrôle d’une entreprise saine et rentable par le biais d’un holding.

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