Les paradoxes de la croissance

A la lecture de la dernière édition relative au mois de décembre 2001 du «profil de la conjoncture», publiée par le Centre Marocain de Conjoncture (CMC), ce dernier constate que la dynamique de la croissance dans laquelle s’est engagée l’économie marocaine au cours des trois dernières décennies n’a pas produit de changements importants dans la structure de la production. Dans son analyse, le Centre estime que la croissance économique n’a pas été suffisante pour assurer un développement soutenu et durable de l’ensemble des secteurs, exception faite de certaines poussées transitoires dues aux effets produits par quelques performances particulières de l’activité agricole.
Si l’on se fie aux travaux des équipes du CMC, il s’avère clairement que la valeur ajoutée du secteur agricole, exprimée en termes réels, représentait 15,8% du PIB (Produit intérieur brut) durant la décennie 70, puis 17,2% durant les années 80. La dernière décade a enregistré une baisse dans la part de la valeur ajoutée de l’agriculture dans le PIB. Cette dernière s’est établie à 15,8%. Comment alors justifier ce mouvement instable ? La fréquence des années de sécheresse bien évidemment.
Avec le recul, il est certain aujourd’hui que le secteur agricole même s’il figure comme la première priorité de l’Etat n’arrive toujours pas à dépasser les contraintes climatiques lui permettant d’assurer des résultats réguliers. En ce qui concerne le secteur secondaire (industries extractives, énergie, industries manufacturières), celui-ci n’a pas fait l’objet de grands changements au cours des 30 dernières années. Sa participation dans le PIB est restée pratiquement la même. Celle-ci tourne autour de 24,5%. Le CMC justifie cette régularité voire cette inertie par la dépendance de ce secteur des effets de la conjoncture, ce qui ralentit entre autres sa croissance. Les efforts engagés pour donner un souffle à ce secteur n’ont pas donné pour l’heure satisfaction. Par ailleurs, c’est au niveau des activités tertiaires que le CMC fait écho de modifications significatives. La part de ces activités dans le PIB du commerce y compris les droits et taxes sur les importations a reculé. Celle-ci est passée d’une moyenne de 25% dans les années 70 à une moyenne de 20,5% durant les deux dernières décennies.
Toutefois, la part des secteurs du transport et des communications s’est établie à hauteur de 6,2% entre 1990 et 2000, alors qu’elle était de l’ordre de 5,4% au cours des dernières décennies. Le CMC souligne entre autres que la contribution des administrations publiques dans le PIB a été consolidée dans les années 80 et 90. Elle a atteint respectivement près de 15% et 16,7% contre une moyenne de 12% dans les années 70, note le Centre. Du point de vue des responsables du CMC, l’analyse des contributions sectorielles à la croissance permet de constater le rôle prédominant joué par le secteur agricole dans les évolutions de la croissance économique.

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