Les ports du sud en grève

Quelque 5000 officiers et marins se sont regroupés hier dans le cadre d’une marche qui a duré plus de quatre heures au quai n°6 du port d’Agadir. Presque 1400 personnes du même profil ont défilé dans le port de Tan-Tan. Ces chiffres sont communiqués par le syndicat national des officiers et marins de la pêche hauturière (SNOMPH), initiateur de cette manifestation. Aussi, ce dernier a indiqué que 290 bateaux dont 220 à Agadir et 70 à Tan-Tan ont fait l’objet d’un arrêt d’activité de 24 heures.
Les raisons d’un tel mouvement de protestation sont multiples, mais liées essentiellement au volet pécuniaire. «Pour payer le personnel du bateau, il faut adopter un mode de paiement plus équitable, basé sur un pourcentage des recettes des pêches, allant de pair avec l’évolution positive des revenus des sociétés de pêche», lance Abderrahmane Yazidi, secrétaire général du syndicat. Et d’ajouter, «une telle évolution est la conséquence d’une politique adoptée par le ministère de la Pêche consistant à fixer le seuil de production et le prix minimum de vente du céphalopode, chose qui a inéluctablement entraîné une hausse des recettes des entreprises». Les doléances des marins sont dès lors claires. Pourquoi continuer à toucher une misère, à supporter un mode de vie pénible sans avoir à profiter, en partie, des retombées positives de la politique, mise en place par le ministère ? Tel est leur raisonnement. En effet, dès le mois d’avril, le syndicat avait demandé aux armateurs et au ministère de tutelle d’entamer des négociations portant sur cet aspect des choses. Il leur a remis un projet de mode de rémunération qui rejète catégoriquement le scénario de paiement fixe, actuellement en vigueur. Silence radio. «En l’absence d’une quelconque lueur d’espoir, nous n’avions de choix que de passer à la vitesse supérieure, celle de la grève», indique M. Yazidi. Pour leur part, les armateurs refusent de se réunir avec le syndicat. Et pour cause, ils avancent la non-représentativité du syndicat du corps des marins», indique un professionnel. Par ailleurs, le syndicat continue à avoir une influence notoire sur les officiers et marins dans la région sud du Maroc.
Les deux marches programmées simultanément dans deux des plus grands ports de pêche du pays en sont une preuve édifiante. Ils menacent de procéder à une grève nationale pendant trois jours à compter du jeudi 25 avril. Une réunion entre le syndicat et le Wali de la ville d’Agadir aurait été tenue dans l’après-midi de la marche pour essayer de trouver un terrain d’entente permettant d’éviter un arrêt qui pourrait durer plus longtemps que prévu.

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