Les prix du pétrole restent proches de leur record

Les cours du brut ont atteint des records historiques mardi soir : le baril de "light sweet crude" pour livraison en mai est monté à 71,60 dollars à New York, son plus haut niveau depuis le début de sa cotation en 1983.

A Londres, le cours du Brent de la mer du Nord, qui s’échange déjà pour livraison en juin, s’est envolé jusqu’à 72,64 dollars, également un record.

Les précédents records remontaient au 30 août, après le passage désastreux pour l’industrie pétrolière américaine du cyclone Katrina dans le golfe du Mexique.

Mais sur la base du pouvoir d’achat d’un dollar d’aujourd’hui, en tenant  compte de l’inflation, les prix du pétrole restent bien en dessous de leur niveau d’après la révolution iranienne de 1979. D’après la banque Barclays, le baril de brut coûtait 87,23 dollars d’aujourd’hui en novembre 1979.

Mercredi, les prix faisaient une pause dans leur spirale ascendante.

Vers 09H30 GMT, ils s’effritaient de 35 cents à 71 dollars à New York et de 12 cents à 72,39 dollars à Londres.

Le marché reste très inquiet d’une éventuelle escalade militaire entre les Etats-Unis et l’Iran, qui refuse de renoncer à enrichir de l’uranium malgré les injonctions des Nations unies.

Le marché redoute aussi un recours par l’Iran à l’arme pétrolière.

Quatrième producteur mondial de brut, ce pays pourrait couper ses exportations ou même bloquer le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le trafic  pétrolier. Téhéran s’est déjà opposé mardi à une hausse de la production de l’Opep.

"La principale arme de l’Iran, c’est le pétrole", rappelle Tony Nunan,  spécialiste du risque pétrolier à Mitsubishi Corp.

Il prévoit un prix du pétrole "autour de 75 à 80 (dollars)" à court terme et prévient que "s’il y a en plus des signaux d’une saison des cyclones forte, le marché va paniquer".

Une saison des ouragans très active est encore attendue cette année dans l’Atlantique, entre juin et septembre.

Le marché attend à présent de nouvelles données sur le niveau des stocks américains, avec une attention particulière sur les réserves d’essence, jugées trop maigres pour la saison.

Le département américain de l’Energie (DoE) doit publier ses estimations  sur les stocks à 14H30 GMT. Le consensus des analystes communiqué mardi table sur une hausse de 2,3 millions de barils (Mb) des stocks de brut, mais sur une baisse de 2,2 Mb des stocks d’essence et un recul de 1,4 Mb de ceux de  distillats (fioul de chauffage et diesel).

"Une nouvelle baisse plus importante que prévu des stocks d’essence fera certainement progresser les prix davantage", prévenaient les analystes de la maison de courtage Sucden.

Cela "renforcerait les craintes que les stocks d’essence soient insuffisants pour satisfaire la forte demande estivale", ajoutaient-ils.

Le marché craint que l’entrée en vigueur aux Etats-Unis de normes environnementales plus strictes sur la composition de l’essence (qui doit  inclure de l’éthanol) ne provoque des pénuries cet été, après le coup d’envoi en mai de la saison des grands déplacements, synonyme de forte consommation de carburant.

D’autant que le Nigeria, premier fournisseur des Etats-Unis en brut léger, une qualité dont la teneur naturelle en essence est très élevée, a sa  production toujours amputée de 20% par les récentes attaques effectuées par des militants séparatistes dans le sud du pays.

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