Les produits bio ont la cote

Le Maroc se met à l’heure des nouvelles tendances en matière d’agroalimentaire. C’est ce qui ressort d’une étude élaborée par Alimentrius, le bulletin d’information de la Fédération nationale de l’agroalimentaire (Fenagri). Un bulletin consacré dans son dernier numéro aux marchés émergeants. Parmi eux, celui des produits bio qui occupe une place de choix. Au Maroc, les superficies réservées à ces produits restent très limitées. Mais elles connaissent ces derrières années une progression significative dopée par une demande de plus en plus grande, émanant particulièrement de l’Europe. En 2002, les superficies consacrées à ce secteur étaient de 642,5 ha, répartis entre Agadir (301,5 ha), Marrakech (248 ha), Meknès et Béni Mellal. Les exportations marocaines n’ont pas cessé d’augmenter. Elles sont passées de 460 tonnes en 1995-1996 à plus de 5000 tonnes en 2001-2002. Durant la campagne 2002-2003, le Maroc a écoulé sur les marchés étrangers près de 3.672 tonnes dont 80% sont constitués de primeurs et 20% d’agrumes. Les régions du Souss et du Centre se partagent ces exportations avec respectivement 86% et 14%. Le potentiel d’exportation reste pour le moins impressionnant. Le Maroc n’est pas en reste. Cités par l’étude, les professionnels indiquent que le bio a toutes les chances de percer et d’élargir sa part de marché au Maroc. D’autant qu’entre le beldi et le bio, il n’y a qu’un petit chemin à parcourir. Il n’en reste pas moins que pour développer le secteur, le Maroc doit impérativement résoudre plusieurs problèmes. A commencer par le manque d’intrants biologiques (semences), le déficit en techniciens spécialisés et l’inorganisation du circuit, notamment à l’exportation. Le pays ne dispose également pas de législation spécifique à cette activité. Pour l’heure, aucune réglementation, ni homologation marocaine des produits biologique ne permet de renforcer leur positionnement tant au niveau national qu’international. Aucune cellule de travail n’existe en la matière au sein du ministère de l’Agriculture. Encore moins un budget spécifique à la recherche et la vulgarisation dans ce domaine. Cela, alors que des pays comme la Tunisie et l’Egypte ont adopté plus d’une loi et mesure dans ce sens. L’alimentation biologique fait figure de refuge au consommateur. Pour preuve, la demande mondiale explose et l’offre s’étend à des produits de plus en plus élaborés. Les innovations se multiplient et des marques à forte notoriété émergent. Actuellement, les superficies consacrées aux produits bio dans le monde entier sont de 22 millions d’hectares, dont près de la moitié est concentrée en Australie.

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