Les régions accros à l’Etat

Les régions accros à l’Etat

L’économie des régions dépend de l’Etat. C’est le constat fait par le Conseil économique, social et environnemental (CESE).

Le Conseil vient, en effet, de dévoiler son avis sur la répartition spatiale de l’investissement public en perspective de la régionalisation avancée. C’est la Chambre des conseillers qui a saisi le CESE sur la question.

Et les chiffres sont édifiants. Aussi paradoxal que cela puisse paraître et en dépit de la politique de décentralisation, l’Etat et les entreprises publiques demeurent très présents dans les économies régionales. «Parmi les exemples enregistrés dans ce cadre, la participation de l’Etat dans le PIB (produit intérieur brut) des provinces du Sud dépasse les 54% dont 43% d’une manière directe (33% de l’Etat et 10% des organismes publics)», expliquent les responsables du CESE. L’autre grande problématique rencontrée au niveau des régions concerne la non diversification des économies régionales. Selon le Conseil, ceci explique le taux de chômage important constaté parmi les jeunes et les femmes au niveau des régions. A cela s’ajoutent des inégalités interrégionales. Pire encore, certaines régions connaissent même des inégalités entre leurs provinces.

Le Conseil présidé par Nizar Baraka a, dans ce sens, pointé du doigt la faiblesse des fonds publics pour désenclaver les zones montagneuses, ce qui empêche ces dernières de valoriser leurs potentialités humaines, naturelles, touristiques et culturelles. Le rapport évoque, en outre, l’inexistence de réseaux ferroviaires régionaux (RER) sans parler de la grande faiblesse de l’industrie navale malgré une côte de 3.500 km.

Fracture numérique

Le CESE a identifié dans son rapport un autre écueil lié à une sorte de fracture numérique entre les régions du pays. Certaines régions ont des connexions numériques encore faibles par rapport à d’autres, ce qui rend difficile la généralisation des services à distance pour les citoyens. La compétitivité des entreprises en prend un sérieux coup en raison de cette fracture numérique. Par ailleurs, les responsables ont constaté des inégalités criardes au niveau de la répartition et la disponibilité de ressources humaines qualifiées et compétentes entre les différentes régions du pays. Ce même constat est valable également pour le climat des affaires.

«Les investissements font face à des contraintes importantes concernant le climat des affaires au niveau régional, ce qui impacte considérablement les capacités régionales en termes d’investissements», note le rapport. Pour remédier à toutes ces problématiques, le CESE propose une série de recommandations, notamment une meilleure répartition des investissements publics au niveau régional.

Il a également été proposé d’améliorer le climat des affaires au niveau de chaque région ainsi que la mise en place d’une vision stratégique favorisant le développement de pôles régionaux compétitifs. Il est aussi question d’établir des partenariats public-privé au niveau régional. Enfin, le Conseil préconise de revoir l’organisation des CRI (Centres régionaux d’investissement).

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