Les revendeurs dans le collimateur

La BSA passe à l’action. La toute dernière opération de l’association des majors de l’informatique est une enquête sur terrain qui a visé les revendeurs de matériel informatique. Baptisé «Enquête-mystère», une équipe de quatre «clients mystères », a enquêté en deux phases, selon un scénario préétabli. En premier lieu, des appels-mystères ont d’abord été effectués sur un échantillon de 530 revendeurs à travers 35 villes du Maroc pour faire un premier contact de la profession.
Par la suite, des visites, également «mystères» ont été organisées à Rabat et à Casablanca pour déterminer si ces derniers leur suggéraient ou non d’utiliser des logiciels illicites. Les conclusions de cette enquête sont édifiantes : il s’est avéré que 33% des revendeurs contactés par téléphone ne respectaient pas la législation en matière des droits de propriété intellectuelle. Mieux encore : 35% des revendeurs identifiés en règle lors de la phase appel se sont révélés pirates en situation de vente réelle.
Pour la BSA, le revendeur constitue la cible de choix dans le cadre de sa nouvelle stratégie pour lutter contre le piratage informatique, qui sévit dans le pays. Outre les enquêtes du terrain, la BSA cherche d’abord à les sensibiliser sur la nécessaire intégration de la notion du copyright dans leur commerce. Pour rappel, l’association a procédé à un inventaire général de la situation du piratage informatique dans le monde. Une étude menée conjointement par BSA et IDC, un cabinet indépendant, met le Maroc dans une position peu honorable en matière de piratage des logiciels : évalué à 82% en 1994, le taux du piratage avait chuté de 24 points s’affichant à 58% en 2002, mais a rapidement repris ses performances pour se situer à 73% en 2003.
En d’autres termes, moins de 27% des logiciels vendus dans les commerces sont des originaux. Ce chiffre place ainsi le Maroc au palmarès des pays qui ont les 20 taux les plus élevés dans le monde, et la 8ème position sur les 23 pays de la zone Afrique et Moyen-Orient (MENA). Pour l’année 2005, l’alliance compte mettre en oeuvre une nouvelle stratégie de lutte contre le piratage informatique. L’objectif est de ramener le taux de piratage à 25% contre 73%. La stratégie s’articulera comme d’habitude sur trois points. Outre la sensibilisation, qui concernera dans un second temps les PME-PMI, l’axe majeur se rapporte à une étroite collaboration avec l’Etat. Car, au sein de la l’alliance, en se fait pas d’illusion : si ce dernier ne s’engage pas dans une véritable politique de lutte contre le phénomène, les résultats resteront maigres.
Les responsables de la BSA citent, à cet égard, l’exemple des Emirats arabes unis, qui ont réussi, grâce à une politique volontariste, à juguler la croissance du phénomène sur le marché émirati.
Enfin, la BSA compte poursuivre en parallèle la traditionnelle voie judiciaire, qui consiste à appuyer les membres de l’alliance dans les litiges qui les opposent en matière de copyright. Même si à ce stade l’alliance préfère modérer son action judiciaire au profit de solutions moins contraignantes et moins coûteuses. L’approche adoptée par cette dernière est double : engager les poursuites judiciaires contre les contrevenants, mais aussi tenter d’ouvrir des voies de dialogue avec les entreprises, principales destinataires de ces produits.

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