Les taux obligataires au plus bas

Montée en force des adjudications, désendettement vis-à-vis des marchés des capitaux internationaux, désengagement des emprunts classiques. Des facteurs qui ont marqué ces dernières années la politique de financement du Trésor et qui, l’année dernière, ont été renforcés par une présence soutenue du Trésor sur le marché des adjudications. Un document de la branche capital Markets de la BMCE Bank en fait état.
L’appel à l’épargne intérieure plutôt qu’à d’autres sources de financement a été une priorité. Le Trésor s’est désengagé du marché international au profit du marché national où les conditions d’endettement étaient plus avantageuses. Mais, concernant le marché obligataire, l’année écoulée a été marquée par une baisse continue des rendements. La liquidité persistante du marché monétaire combinée à la faiblesse des rendements en la matière ont déclenchée une ruée des investisseurs vers les meilleures rentabilités. Ce qui a conduit les taux obligataires aux plus bas niveaux jamais constatés. Les niveaux de taux appliqués sur le marché obligataire durant les trois premiers mois de l’année sont restés relativement stables. Une période où le trésor a levé 21 milliards pour un montant global offert de 56 milliards. Mais dès la fin du premier trimestre, les taux sur le marché primaire ont entamé un mouvement baissier de très forte ampleur qui allait continuer jusqu’à la fin de l’année. Une baisse qui a touché l’ensemble de la courbe qui a été accrue par l’annonce, à la même période, des besoins nets en financement, moyen et long termes, de 12 milliards.
L’ensemble des séances adjudicataires n’ont pas dérogé à la règle. Les soumissionnaires dans un esprit compétitif sont partis de plus en plus à la baisse. Sans la présence continue du Trésor sur le marché primaire des Bons du Trésor, la décrue des rendements obligataires aurait été plus importante, peut-on lire dans le document de la BMCE Bank.
L’argentier de l’Etat a ponctué 75.9 milliards face à des remboursements sur la même période d’environ 57.3 milliards. Cette ponction a été principalement orientée vers les maturités moyen terme (54.9 du total levé). Le marché est ainsi resté sur sa faim, quant à son besoin d’investissement sur le court terme.
L’encours global de la dette intérieure est passé de 140.432 milliards à 165.74 milliards. Soit une progression de 18% sur l’année. C’est donc dans un contexte de surliquidité, d’un marché primaire de plus en plus concurrentiel, que les opérateurs ont été contraints à plus d’agressivité, contribuant à la chute des taux. Le marché n’a repris son souffle que vers la fin novembre. L’année s’est terminée par une stabilité des taux et des offres des investisseurs, bien loin des niveaux records constatés lors du dernier semestre à un moment où la liquidité était très pesante.

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