Les verrous qui n’ont pas sauté

Les verrous qui n’ont pas sauté

La réforme de la Taxe de promotion touristique (la TPT) reste le point d’orgue des revendications des professionnels. Intervenant au nom de la Fédération de l’industrie hôelière, Abderrahim Oumani, a évoqué le sujet durant les deuxièmes Assises nationales du Tourisme, tenues le 11 décembre 2004 à Marrakech. Saluant la présence des syndicats à ce forum, une première, M. Oumani a déploré le manque de communication avec les élus, les partis politiques et les citoyens. Ce qui pour lui relève d’un déficit d’explication du rôle du tourisme et de son impact ainsi que l’obligation de chaque citoyen et responsable à s’impliquer davantage dans la concrétisation des objectifs du contrat programme 2010.
Concernant l’état d’avancement de la vision, M. Oumani note que quelques verrous ont sauté, que les ruptures sont à l’oeuvre. En matière de compétitivité de la destination par contre, le coût de l’investissement et l’ampleur des charges pour les entreprises montrent tout le chemin qui reste à faire. Comme l’a fait répété par ailleurs Samir Sahraoui Kheldouni, président du CRT de Rabat, le président de la FNIH pense que l’objectif des dix millions de touristes est louable. «Mais prévient-il, il ne faut pas que nous ayons le complexe des dix millions et que nous restons prisonniers de ce chiffre ». Et d’ajouter : «Pour moi, la recette de 80 milliards de dirhams est beaucoup plus importante, c’est pour cela qu’il faut interpeller le ministre et le mettre en garde contre la politique de quantité au détriment de la qualité. Il faut décliner le chiffre objectif par marché et par région.»
Concernant la TPT, la proposition de la profession qui consiste à ajouter cette taxe sur le billet d’avion. La meilleure manière d’aller de l’avant est selon les professionnels, d’alimenter les parlementaires professionnels du tourisme d’amendements et de projets de loi et créer une cellule de parlementaires entrepreneurs pour défendre l’intérêt du secteur et de l’activité économique en général.
Tout en cherchant de l’autre côté à créer la complicité entre les professionnels, l’administration, les élus, les syndicats et tous les acteurs de la vision 2010. Point noir de ce programme, la politique de la formation, telle quelle est menée est critiquée par les professionnels. Ceux-ci souhaitent une complicité avec l’administration et les syndicats. La décision de transférer les instituts hôteliers à l’OFPPT sans consultation et sans avis de la profession n’est pas le seul grief émis à l’encontre du ministère sur cette question. « C’est bien, poursuit le président de la FNIH de souligner que nous allons former 70.000 lauréats d’ici 2010 mais combien d’entre eux vont-ils rester et pourquoi ? Quelle motivation avons-nous initiée pour les garder?» Vis à vis du tourisme national, la profession souhaite une culture du tourisme impliquant les départements ministériels pour répartir les vacances scolaires et les congés par région comme c’est le cas en Europe.
Pour le dispositif fiscal national et local, tout en disant comprendre les besoins des collectivités locales, M. Oumani, élu local, provincial et national et donc connaissant l’effort effectué et en cours par le ministère de l’Intérieur et par les collectivités locales pense toutefois que ces besoins ne doivent pas être financés par les entreprises, c’est anti-économique. « Nous voulons une justice fiscale, c’est-à-dire nous travaillons plus, nous payons plus, nous travaillons moins, nous payons moins. Les 4 principes retenus étaient l’harmonisation, la simplification, l’éthique et le compétitivité.L’exécution de ce chantier est très insuffisante et ne répond pas à nos attentes et ne tient pas compte des engagements pris par le gouvernement dans l’accord-cadre. Plus, l’administration n’a pas tenu compte de notre étude fiscale présentée par un cabinet sérieux et qui a été félicité par le Premier ministre en personne. ».
Quant à la facture industrielle de l’eau, depuis 2001, les attentes perdurent. Chaque ministre a adopté un plan mais sans effet. Il en est de même du Renovotel qui a rencontré des obstacles à cause des procédures compliquées. «Nous ne pouvons accepter que le gouvernement ou le ministre du Tourisme pensent revenir sur les engagements signés devant SM le Roi, un engagement est un engagement.» Les autres revendications concernent le manque de pilotage stratégique de la vision et le CST toujours inefficace.

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