Les vitres cassées de l’interdiction

Décision arbitraire, dénuée de fondement légal, même si l’aspect sécuritaire transparaît, sans pour autant mesurer les conséquences économiques de la question. Le harcèlement par les forces de l’ordre des automobilistes dont les vitres des véhicules sont teintées a affecté les équipementiers dans ce domaine. En effet, un communiqué émanant de la société Swing, active dans les films pour vitrages, à Mohammedia, a subi les conséquences de cette décision appliquée « du jour au lendemain sans qu’elle soit précédée d’une note ministérielle ou d’un communiqué de presse ou information dans les médias », commente le gérant de l’entreprise, Adil Chouky.
Aujourd’hui, comme le précise M. Chouky, « un dossier a été envoyé chez nos fournisseurs en France et aux Etats-Unis. Une lettre a été dépêchée à la Primature, qui, à son tour, a transmis l’affaire au ministère du Transport et de la Marine marchande. Mais comme le gouvernement n’a pas encore été formé, l’instruction du dossier va encore attendre ».
Pour l’heure, Swing, qui employait sept personnes, se retrouve avec un effectif de quatre, voire même de trois employés. Situation qui, légalement, prend la qualification de chômage technique partiel, dont le préjudice repose sur une décision administrative sans fondement formel. Le chiffre d’affaires mensuel, qui s’élevait entre 60 000 à 150 000 DH, n’atteint plus depuis l’interdiction que 5000 à 10 000 DH. Le fond du problème réside dans la méconnaissance légale des taux des teintes des films posées sur les vitres, dont les nuances sont établies, dans d’autres pays, par des seuils légaux. C’est ainsi que Adil Chouky rappelle que le problème s’était déjà posé en France, il y a près d’une vingtaine d’années, et les autorités l’ont résolu en imposant des taux de teinte.
Au Maroc, faute de cadre juridique et aussi de connaissance sur les technicités du procédé, la décision s’est appliquée au détriment des importateurs. En effet, des précisions s’imposent. «Il ne faut pas confondre les vitres foncées ou noires et les vitres portant des films de protection solaire. De plus, l’utilisation de ces films protège les occupants des véhicules en filtrant 99% des rayons ultra-violet et en renvoyant 30 à 70% des rayons infra-rouges», déclare Adil Chouky.
Dans un pays tel que le notre, où les chaleurs estivales continuent bien après les étés, et où le trajet des Marocains résidant à l’étranger (MRE) est long et fastidieux, la protection des rayons du soleil trouve toute sa justification. Par ailleurs, la décision d’interdiction ne pose aucune modalité d’application et les interrogations de Adil Chouky méritent des réponses. Va-t-on interdire et sans prévenir les MRE qui ont équipé leurs véhicules de films ? Va-t-on interdire l’importation des 4/4 et les nouvelles voitures allemandes ou américaines équipées de vitres teintées à l’origine ?

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