Les voies du salut

La compétitivité de l’agriculture nationale dans un contexte marqué par les accords d’association Maroc-UE était au centre des débats lors d’un séminaire organisé vendredi dernier à Rabat. Initiée par le Groupe de Recherche en Economie internationale, relevant de l’Université Mohammed V Agdal, en collaboration avec l’Université polytechnique de Valence en Espagne. Les participants à cette rencontre ont mis l’accent sur la place réservée par les politiques adoptées par le Maroc en matière de développement agricole et rural à l’amélioration de la productivité et à la valorisation des productions agricoles. Deux éléments importants qui ne pourraient qu’aider le produit national à se créer une place de choix sur les marchés internationaux. A cette rencontre ont pris part une multitude de chercheurs et d’universitaires en plus du secrétaire d’Etat chargé du Développement rural, Mohamed Mohattane. Ce dernier n’a pas manqué de faire l’exposé de ce qui a été réalisé pour assurer une bonne compétitivité au produit agricole national, notamment « l’amélioration des revenus de producteurs, l’émergence de pôles de développement au niveau rural autour de la production et de la transformation des produits agricoles et l’atténuation des flux migratoires ruraux vers les centres urbains », comme l’a cité l’agence MAP. Pour étayer toutes les mesures prises par le gouvernement marocain afin de renforcer la compétitivité du produit agricole dans un contexte économique marqué par de nombreux accords de libre échange et d’association, notamment celui avec l’Union européenne, M. Mohattane a cité en exemple le secteur de l’agro-industrie.
Un secteur qui compte 1.700 établissements, soit 25 % de l’ensemble du tissu industriel, assurant une production évaluée à près de 57 milliards de DH, soit 38 % de la production des industries de transformation et qui « a bénéficié de plusieurs actions visant l’amélioration de ses performances». En tête de liste de ces actions arrive l’exonération fiscale durant les cinq premières années, apanage des unités industrielles nouvellement installées. Toujours dans le cadre des avantages fiscaux de ces industries agricoles, le secrétaire d’Etat a mis en exergue la réduction de la charge fiscale pour les entreprises exportatrices après expiration de la période d’exonération totale et le renforcement de la réglementation relative à la qualité et à la normalisation des productions agricoles et agro-industrielles. Mais il ne s’agit pas uniquement d’exonération et autres avantages fiscaux. Pour booster au maximum le produit agricole nationale, un Fonds de Développement agricole (FDA) a été spécialement créé. « Il permet de mettre à la disposition des investisseurs des aides de l’Etat, notamment pour les secteurs du froid, de conditionnement, d’entreposage et de trituration des olives», a expliqué Mohamed Mohattane.
La coopération maroco-espagnole dans le domaine agricole a également été longuement discutée lors de cette rencontre qui a connu la participation de chercheurs des deux pays. Tous se sont mis d’accord sur la nécessité pour les deux pays de développer leur coopération agricole en raison de leur proximité géographique, et donc la ressemblance des conditions climatiques et des cultures entre autres. L’avenir ne peut être envisagé que dans le cadre d’une collaboration entre les deux pays qui pourrait aider les professionnels de l’agriculture des deux rives de la Méditerranée à améliorer la productivité, ainsi que la qualité et la compétitivité de leurs produits et, par la même, compenser les déficits financiers. Et ce ne sont pas les occasions qui manquent. Le nombre de plus en plus important d’investisseurs espagnols dans le secteur agricole en est la preuve.
Des participants à ce séminaire ont également discuté la possibilité d’augmenter le nombre des travailleurs agricoles marocains en Espagne.

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