Lettre du tourisme : Casablanca mérite mieux

Lettre du tourisme : Casablanca mérite mieux

Aujourd’hui, la capitale économique du Royaume exerce son leadership économique et financier sur l’ensemble du pays, forte de près de 5 millions d’habitants et de 50% du PIB, avec son port international, ses bons réseaux de transports aérien, ferroviaire et maritime, ses usines, fer de lance de l’export marocain, ses structures administratives et sociales, ses potentialités considérables dans le domaine du commerce et du tourisme. C’est incontestablement une vraie métropole capable de se suffire à elle-même. Pourtant son rayonnement manifeste ne lui profite que très partiellement.
Les paramètres de la puissance de cette capitale des affaires et du plaisir, rendue célèbre partout dans le monde par Hamphry Bogart et Ingrid Bergman depuis 1942 dans l’inoubliable film "Casablanca", font de cette ville d’argent et de lumière, de grandeur et de loisir, une ville magique, d’intérêt touristique évident : balnéaire, culturel, congrès/conventions, expositions et shopping. Elle reste l’unique ville du Royaume qui soit capable de réussir tous les challenges. Mais il faut se rendre à l’évidence. Casablanca se cherche encore de nos jours. Avec un peu plus de 4600 chambres, la capitale économique du Royaume s’inscrit au palmarès des grands absents dans l’échiquier du tourisme international. Imaginez une méga métropole de 5 millions d’habitants qui sature dès que 4600 quidams occupent ses chambres, en single, devant Tanger qui a 3500 chambres et Ouarzazate 2700. Ridicule ! Pourtant, les taux d’occupation dans la capitale économique dépassent les 54% pour les 4 étoiles et les 58% pour les 5 étoiles. Il est de 60% pour les résidences touristiques. Certes, nous ne disposons pas de renseignements sur les recettes par nuitée. Mais il y a suffisamment d’informations pour avancer que les hôteliers font des bénéfices. Pourquoi ils ne réinvestissent pas, pourquoi d’autres promoteurs étrangers et nationaux ne s’intéressent-ils pas à Casa? Ils doivent avoir de sérieuses raisons. De la réponse donnée à ces questions naîtront les modèles de solutions à apporter et qui lui éviteront de sombrer dans la paupérisation et le sous-développement.
Vue à l’aune du nombre de ses habitants, Casablanca mérite de posséder 16% des capacités hôtelières du Royaume soit environ 10.000 chambres. Sur la base du critère du PIB, elle mérite d’avoir la moitié de l’offre marocaine, soit plus de 30.000 chambres.
En fait, les expériences antérieures ont été peu concluantes et le seul espoir à l’horizon est l’excellent contrat programme 2004-2012 réalisé par le CRT et qui ouvre des perspectives et des fenêtres sur un avenir qui peut ne pas être sombre si nous le voulons vraiment. Ce contrat programme mérite d’être regardé de plus près et c’est ce que nous nous proposons de faire dans les prochaines semaines.

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