Lettre du tourisme : La descente aux enfers

Lettre du tourisme : La descente aux enfers

La part de marché du Royaume en Allemagne n’a pas cessé depuis l’année 2000 de se rétrécir comme une peau de chagrin, enregistrant le taux moyen de baisse le plus élevé de toute l’Europe. Pourtant, ce grand pays européen, réserve considérable du tourisme mondial, développait près de 2,6 millions de nuitées hôtelières il y a dix ans. Aujourd’hui, il arrive difficilement à dépasser les 800 mille nuitées. Les raisons de ce gâchis? Elles s’appellent improvisation, bureaucratie, irresponsabilité. Le capital de relations publiques et de communication, constitué par les équipes en place à l’époque, dans les années 1990, a été tout simplement dilapidé. Aujourd’hui, nous assistons tout simplement à une descente aux enfers. Bien sûr, il y a un espoir d’inverser les tendances, mais là aussi, il faut opérer en profondeur et à rythme accéléré. La maigre reprise constatée bruyamment en 2004 par rapport à 2003 est bien entendu insuffisante. De toutes les manières, le succès relatif de 2004 est dû à une dangereuse politique de subvention discriminatoire accordée à deux T.O allemands adossés à des compagnies aériennes. Et il n’y a rien d’autre, sauf peut être un risque de geler à jamais le charter RAM sur l’Allemagne, développé intelligemment par Mr Hassad alors PDG de la compagnie nationale.
Le savoir-faire sur le terrain est disponible. L’utiliser à bon escient est d’une urgence capitale.
Toute la question est de trouver comment faire appel à des cadres et à des opérateurs d’un secteur où la culture ambiante de l’allégeance intéressée a fini par les marginaliser puis les écarter purement et simplement de tous les circuits de la décision. Le marché allemand est essentiel pour le Royaume, et ce à plus d’un titre. D’abord, il est le pivot historique et rationnel de tout développement d’Agadir dont il va falloir reconsidérer les structures urbanistiques et humaines. La belle station des années 60 est finie. Aujourd’hui, Agadir est une ville dont la population croît à près de 6% et qui tend à devenir une grande bourgade dont la vue aérienne est assez déprimante. Les terrasses des immeubles juxtaposés, inachevées et jonchées de débris, donnent l’impression –la première hélas et qui compte- d’une zone sinistrée et abandonnée.
Le marché allemand constitue un gisement inépuisable d’une clientèle de séjour riche. Reste à savoir la fidéliser ! Rien n’est plus aisé à condition que le CRT puisse disposer de moyens suffisants pour adapter l’offre à une demande spécifique, certes difficile à satisfaire dans l’immédiat, du fait des erreurs cumulées dans le passé et à ce jour, mais qu’il n’est pas impossible de contenter dans le cadre d’un plan de réajustement sérieux et responsable qui tiendra compte de toutes les spécificités de la clientèle germanique : De l’accueil à l’aéroport, aux dimensions des logements, à la restauration, en passant par la qualité du transport terrestre, de l’animation aux conditions d’hygiène et de sécurité, de l’ambiance générale d’une ville en restructuration permanente où il est impossible de s’orienter à pieds comme en voiture et où les handicaps classiques de la mendicité et des faux guides ne sont pas encore totalement maîtrisés. Agadir se tangéroise !

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