Lettre du tourisme : Les retombées de la croissance

Lettre du tourisme : Les retombées de la croissance

Pour le commun des mortels, le PIB et ses évolutions, positives ou négatives, ne signifient pas grand-chose. Par contre, il ne peut pas rester indifférent, si on lui explique que le Maroc est une énorme manufacture qui doit produire des richesses et fournir des prestations avec une augmentation annuelle régulière, de préférence à deux chiffres, sinon la plus forte possible et en tout état de cause une augmentation suffisante pour assurer le plein emploi et protéger au mieux le pays, des conflits sociaux.
Quand le Haut Commissariat au Plan tire la sonnette d’alarme -et il est salutaire que parmi nous évoluent des gens qui savent manier les cloches- et évoque un état des lieux alarmant, il s’agit surtout de PIB. En effet, le Bilan du dernier plan quinquennal 2000-2004 recèle des indications qui font état d’une croissance du PIB de 3,8% durant les cinq dernières années. Si on ajoute à cela que l’année 2005 en cours risque fort de connaître une décrue de ce pourcentage qui tomberait à 2,6%, tout le monde doit s’alarmer, du Premier ministre au dernier commun des mortels.
Rien ne sert de clamer des résultats cédulaires et des succès éphémères. Le Premier ministre et les ministres doivent se poser au petit déjeuner  la question de savoir si tous les citoyens ont pu se procurer également le leur. Ceux qui n’ont pas les moyens de se le payer, risquent fort de faire l’impasse sur les autres repas de la journée. Demandez aux diplômés-chômeurs ! Et pourquoi seulement à eux ? Interrogez les deux cent mille demandeurs d’emplois qui ne trouvent pas de travail chaque année !
Le conseil de gouvernement devrait avoir un point permanent à son ordre du jour, à savoir la croissance forte et durable et tout doit s’articuler autour de la mise à niveau permanente des diagnostics et l’adaptation régulière des moyens aux objectifs. A l’aune de la méthodologie, les pays développés y compris les dragons d’Asie, n’ont pas d’autre secret.
De retour de Dubai, le constat est amer. Plusieurs années lumières nous séparent de ce minuscule émirat aussi riche que la France et dont l’existence organisée, remonte à 1971 seulement et dont les hydrocarbures ne comptent que pour moins de 20% dans le PIB.
La prospérité des Emirats est le fait d’une diversification intelligente des activités économiques ouvertes sur l’industrie et le commerce avec une main d’œuvre peu coûteuse, une énergie bon marché, une fiscalité quasi nulle, des infrastructures et un réseau financier de qualité. Bien sûr les Emirats n’ont pas d’administration nationale et locale vorace qui absorbe à elle seule plus de 15% du PIB, chose qui n’existe nulle part au monde, sauf au Maroc.  
Quoi qu’il en soit, nous sommes prévenus. Notre croissance est récalcitrante, le financement de notre économie pose problème et notre savoir-faire, à l’export, pour battre nos concurrents, est primaire. Quant à la qualité de notre développement humain, il laisse vraiment à désirer. Et le tourisme dans tout cela ? Bien entendu, il est concerné dans la mesure où les doctes des accords-cadre, et d’application de la vision 2010  nous avaient fait saliver pendant quatre ans, nous laissant espérer une croissance annuelle de 8.5% de ce fameux PIB, avant de nous renvoyer aux calendes grecques.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *