Lettre du tourisme : L’investissement touristique est-il rentable ?

On peut lire dans le contrat-programme élaboré en juin 2000 que cette question essentielle « est la résultante de toutes les interrogations. Socle incontournable de la décision d’investir, elle constitue le seul facteur objectif et quantifiable pour l’investisseur… La rentabilité est à cet égard appréciée à travers deux indicateurs fondamentaux : le retour sur fonds propres investis et le taux de rendement interne.»
Bien entendu, cela suppose que les facteurs-clefs qui conditionnent la rentabilité de l’investissement soient sous contrôle. Il s’agit du coût global de l’investissement : foncier, construction, aménagement et investissement de renouvellement, de la rentabilité de l’exploitation conditionnée par la recette moyenne par chambre et le taux d’occupation et des paramètres financiers qui sont déterminants du fait qu’il s’agit d’une industrie capitalistique lourde s’amortissant sur le long terme.
Le lecteur aura compris que l’investissement, pour être rentable, doit apporter à son promoteur le retour de ses fonds propres le plus tôt possible. Sept à dix ans seraient convenables pour les experts, surtout si l’entreprise arrive à amortir l’investissement grâce à des bénéfices réguliers sur une période la plus courte possible : dix à douze ans.
Le tourisme n’est pas une véritable industrie productive de produits stockables. Il rend seulement des services de façon industrielle, de plus en plus sophistiquée, certes, mais rien de plus. Ni les places d’avions, ni les lits hôteliers ne présentent le moindre intérêt s’ils ne sont pas suffisamment et régulièrement occupés. Si on ajoute à cela que même si le promoteur touristique peut arriver à maîtriser le coût du foncier, de la construction et de l’aménagement, il restera toute sa vie tributaire de facteurs exogènes sur lesquels il a peu de moyens d’actions : les banquiers sont maîtres des taux d’intérêts et le gouvernement n’a pas toujours de marges de manoeuvre dans le domaine fiscal et peine à trouver les solutions et moyens d’une justice commerciale adéquate. Alors que penser et comment justifier l’intérêt réel que portent les promoteurs à l’investissement touristique?
A mon avis, l’explication est simple et le secret est le suivant : les bons investissements créent des émules parmi les promoteurs dont peu savent comment investir dans ce secteur et quand les choses tournent mal, ils perdent… en silence. Sommairement, l’idéal est de ne pas dépasser plus de 12% pour le coût global du projet dans l’acquisition du foncier et dans la rémunération des études techniques et architecturales, d’éviter les banques (chose illusoire bien sûr !) sinon, attendre que les taux tombent à 6%, et de gérer son unité soi-même à travers un staff de qualité… Attention, les chaînes hôtelières internationales n’assurent désormais plus de loyer ou de minimum garanti ! Elles opèrent à vos risques et périls ! Si votre capacité est optimale, par ailleurs, et que l’implantation de votre établissement est correcte : centre-ville ou sur la plage pour le balnéaire, vous ne courrez aucun risque majeur de rentrer dans vos fonds en moins de 7/10 ans et de faire des profits à la mesure de votre génie propre et de votre façon d’exploiter votre bien, même si votre occupation avoisine le taux de 50% sans l’atteindre.

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