L’expert-comptable à la loupe

«La profession souffre de plusieurs handicaps qui empêchent ce secteur d’accompagner le processus de l’ouverture de l’économie nationale sur l’univers économique mondial». C’est ainsi que s’est exprimé Tijani Zahiri, président de l’Ordre des experts-comptables (OEC), lors de d’une conférence de presse tenue récemment à Casablanca.
Une déclaration qui marque d’emblée l’état actuel d’une profession et le besoin, l’urgence de procéder à une restructuration. Le temps est la mise à niveau donc de cette profession, attributaires de droit, du monopole du commissariat aux comptes dans les entreprises et maillon important de la transparence financière. La construction prochaine d’un institut de formation continue des experts-comptables entre dans ce cadre.
Un projet qui tombe à point nommé et dont l’objectif selon, M. Tijani, n’est autre que la réactualisation du référentiel de la profession. Un référentiel devenu incompatible avec la culture de la mondialisation à laquelle le Maroc a pleinement adhéré, mais qui suppose plus d’une remise en question de l’exercice de cette fonction. Dans son dernier rapport sur le respect des normes comptables et la qualité de l’information financière au Maroc, parue le mois écoulé, la Banque Mondiale n’a pas manqué de tirer la sonnette d’alarme.
Absence de contrôle qualité, non-respect des référentiels d’audit recommandés par l’Ordre, absence d’un dispositif de contrôle et d’un barème d’honoraires …le tout se traduit par un non respect des normes internationales auquel s’ajoute la concentration des mandats de commissariat aux comptes sur un nombre restreint de cabinets, notamment des réseaux internationaux. Des carences que l’Ordre cherche depuis quelques années déjà à pallier. L’effort à consentir est celui de l’harmonisation de la profession avec les normes internationales avec. Un passage obligé s’impose : il s’agit selon M. Zahiri de rendre les compétences de l’expert marocain fiables aux yeux des multinationales installées au Royaume.
L’ambition du Maroc de devenir une plate-forme des affaires internationales exige de l’expert comptable de connaître de manière continue les mutations perpétuelles que traverse la société dans ses diverses dimensions. Pour lui, un expert-comptable doit impérativement maîtriser le droit des affaires, le droit fiscal, la législation du travail et de la sécurité sociale.
La réforme vise également à mettre en place des commissions techniques qui superviseront la rigueur du contrôle des comptes de l’entreprise et l’analyse des données comptables et financières. L’ossature de ce projet a été soumise au ministère de tutelle, ses concepteurs ont été contactés par la Banque Mondiale qui a donné son accord de principe pour contribuer à la réalisation du projet.

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