L’heureux Ibrahimi

L’heureux Ibrahimi

Il aime les maths. Agé de 46 ans (déjà ?), il a su préserver sa jeunesse. Pas de potion magique, la clé c’est le travail. Sa spécialité, le sauvetage des entreprises en difficulté. Sa devise : la motivation des collaborateurs. C’est ainsi que ceux qui connaissent Saïd Ibrahimi le qualifient, ne tarissant pas d’éloges à son égard au passage. Après un brillant parcours en tant que D.G de la Caisse nationale du crédit agricole, Saïd Ibrahimi, a été nommé mercredi Trésorier général du Royaume par S.M le Roi Mohammed VI. Un sacre mérité pour un homme de missions…impossibles. Comment en est-il arrivé à décrocher un poste resté vacant depuis le décès, il y a plus d’un an, de feu Abdelfettah Benmansour, une personne très appréciée et un homme de confiance de feu S.M Hassan II. Hériter d’un tel legs, de confiance s’entend, doit forcément émaner d’un mérite à toutes épreuves. Et c’est bel et bien le cas. Pourtant, la vie de Saïd Ibrahimi n’était pas tracée d’avance, comme on a trop l’habitude de constater chez plus d’un responsable marocain. Sa vie, sa carrière, c’était à lui de la construire. Pas à pas. Né en 1956 dans une famille de neuf enfants, et fils d’un certain Abdelkebir Ibrahimi, retraité de l’Office pour la formation professionnelle, le jeune Saïd avait peu qui le prédisposait à faire partie des grands. Si ce n’était la possibilité de poursuivre ses études à la Mission universitaire française. Ce après quoi, il devait intégrer le Lycée militaire de Kenitra. La discipline et la rigueur qui le caractérisent tiennent à coup sûr de cette formation. Son goût pour les mathématiques l’a amené en 1978 à suivre les classes Préparatoires en mathématiques supérieures et spéciales à Nancy, en France avant d’intégrer l’École centrale de Paris, dont il a été lauréat en 1981, option Economie. Saïd Ibrahimi est également diplômé en management bancaire international, de l’«Abecor Banking institute Francfort» en 1993 et titulaire d’un DEA en génie industriel en 1983. Bardé de Diplômes, Ibrahimi a exercé de 1982 à 1984 en tant que chercheur au laboratoire d’économie de l’Ecole centrale de Paris. Le monde de l’entreprise avait fini par le séduire. Sa première expérience professionnelle s’est déroulée au sein de Renault S.A où il a été chargé des études stratégiques à la direction des achats (1984-1986). Passionné du système bancaire, il n’a pas tardé à changer de cap. De 1986 à 1988, Ibrahimi a été nommé directeur d’une agence de la Banque nationale de Paris (BNP), puis responsable de la clientèle des particuliers et des professionnels d’une succursale de la BNP. Une expérience suite à laquelle le retour au bercail planait à l’horizon. Ce sera chose faite en 1990, année où il a occupé le poste de directeur de la clientèle des entreprises au sein de la Banque marocaine pour le commerce et l’industrie (BMCI) à Casablanca, avant d’être promu directeur central au sein de la même Banque, chargé du réseau d’exploitation. Il faisait également partie du comité de direction générale. L’aventure a pris fin en 1995, date à laquelle il prend en charge la BMAO, une banque en mal de structuration. Il y a élaboré et mis en oeuvre un plan d’action triennal visant à redresser durablement la rentabilité, à assainir le portefeuille et à repositionner la banque sur le marché. À la CNCA , où il a été nommé directeur général en 1997, ce sera partie remise. D’un organisme à la dérive, la CNCA est actuellement une banque dynamique, avec des comptes qui se défendent. Autre devise : réussir, mais avec des hommes motivés. Là aussi, c’est la formation militaire qui parle pour lui.

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