Libéralisation certes, mais progessive

Lors de la signature des accords du GATT, le Maroc s’est vu forcer de prendre en considération dans l’élaboration de sa stratégie agricole, la libéralisation de toutes les filières. C’est chose faite pour la majorité des secteurs. Toutefois des « résistances » apparaissent, de part et d’autres à l’encontre de la déréglementation. Rappelons que l’objectif convoité, par rapport à l’impact de la libéralisation du commerce des produits agricoles, de manière générale, s’est trouvé endigué par les mesures protectionnistes des pays importateurs et de l’important soutien de l’Etat dont bénéficient les agriculteurs dans les pays industrialisés. Ceux qui se sont le plus manifestés sont les minotiers. Pour ces derniers, il demeure évident que la libéralisation affectera l’ensemble des acteurs intervenant dans la filière.
Dans un premier temps, seront touchés les producteurs de blé, en raison du changement des règles et des taux de protection vis-à-vis du blé importé. Ensuite, les minotiers seront atteints suite à la modification totale de leur environnement concurrentiel d’un côté. De l’autre, c’est au niveau des farines importées que les conséquences se feront également sentir. Et enfin, les consommateurs, pour lesquels l’évolution des prix de vente de la farine se répercute sur leur budget. Ainsi, selon les conclusions émises lors du séminaire international organisé par l’association professionnelle de la minoterie, 1995, sous le thème «impact de la libéralisation sur la minoterie industrielle et la filière céréalière au Maroc », elles prêchent vers «une combinaison des mesurs d’accompagnement…
Aussi bien pour la phase transitoire de la libéralisation que pour la phase finale ». Pour les tenants de cette thèse, la libéralisation devait s’échelonner sur une période 5 années. Cette période transitoire permettrait une évolution progressive vers la libéralisation du secteur. En effet, les expériences étrangères en témoignent. L’Union Européenne continue à assister sa minoterie, encourage et subventionne les farines exportées. A signaler, que c’est le même son de cloche, au niveau de l’association des producteurs et exportateurs des fruits et légumes.

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