Libre-échange : Les conseils américains

Au moment où des voix d’élèvent ici et là pour que l’Union Européenne revoie sa politique économique à l’égard du Maroc, les Etats-Unis semblent décidés plus que jamais à dynamiser ses échanges commerciaux avec le Royaume dans une première phase avant la conclusion d’un accord de libre-échange. Si l’on en juge par les propos de Catherine Novelli, adjointe au représentant américain du commerce en visite actuellement au Maroc (accompagnée d’une forte délégation d’hommes d’affaires), les Etats-Unis veulent accélérer le processus de négociation pour atteindre cet objectif.
Reste maintenant à savoir comment cet accord de libre-échange va se concrétiser ? Une chose est sûre : la libéralisation du commerce entre les deux parties ne verra le jour qu’à condition que le Maroc entame les réformes économiques nécessaires concernant des secteurs jugés stratégiques par les Américains. C’est du moins, la position affichée par Mme Novelli. Cela dépend donc de la volonté politique du Maroc à aller de l’avant dans ce domaine.
Pour l’heure, la concrétisation du libre-échange entre le Maroc et les Etats-Unis est confrontée à plusieurs obstacles. Du côté américain, on avance à titre d’exemple, que la loi en vigueur du secteur des assurances privilégiant la marocanisation des entreprises qui opèrent dans ce domaine n’encourage nullement les compagnies US d’investir le marché marocain. Ceci n’est qu’exemple de la série d’handicaps qui empêchent la libéralisation des échanges entre les deux pays. Les Etats-Unis cherchent à la lumière de l’accord conclu avec la Jordanie de pousser le Maroc de faire des concessions notamment en ce qui concerne notamment, les télécommunications, la propriété intellectuelle et l’agriculture.
Toutes ces questions étaient au menu des travaux de la troisième édition du Conseil marocco-américain pour le commerce et l’investissement qui s’est tenu du 10 au 11 avril 2002. En attendant les résultats des négociations entre les deux parties, plusieurs observateurs estiment que la signature d’un accord de libre-échange nécessitera des concessions de taille des deux côtés. Si le Maroc a tout gagné, il ne faut que cet accord entraîne des troubles sociaux. Les responsables américains sont conscients de cet enjeu. A ce propos, Mme Novelli avance que c’est loin d’être le désir des Etats-Unis. Selon elle, l’intérêt premier est de contribuer à la croissance de l’économie marocaine et non pas le contraire.
Si l’engagement politique des Etats-Unis et du Maroc est manifeste pour activer le processus de libéralisation des échanges, une telle démarche prendra du temps. Tout dépend de la volonté des deux parties de faire des concessions pour que ce projet devienne une réalité.

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