Ligne ferroviaire transmaghrébine : Les détails

Ligne ferroviaire transmaghrébine : Les détails

Elle nécessitera plus de 3 milliards de dollars

Cette ligne a une dimension stratégique dans la mesure où elle va contribuer au rapprochement par voie terrestre des pays du Maghreb avec l’Europe et l’Afrique.

Le projet ambitieux de relier Casablanca à Tunis par voie ferroviaire semble prendre son chemin au sein de l’Union du Maghreb Arabe. En effet, l’Union a dévoilé récemment son intention de relancer la modernisation et la réhabilitation du chemin de fer entre les trois villes du Maghreb, à savoir Casablanca, Alger et Tunis. Pour y parvenir, ce projet nécessitera un investissement total de 3,875 milliards de dollars américains que l’Union espère récolter des bailleurs de fonds et des investisseurs potentiels dans les jours à venir. «L’objectif c’est de réunir les entreprises internationales, les investisseurs, le secteur privé, les ministères concernés lors de la première réunion qui se tiendra au mois de mars à Tunis. La date de début du projet dépend de l’accord des Etats concernés.

La ligne ferroviaire transmaghrébine sera réalisée en partenariat avec des entreprises qui seront chargées de l’exécution du projet», explique une source proche du dossier indiquant que les premiers bénéficiaires de ce projet sont les Etats et les populations du Maghreb. «Ce projet rentre dans le cadre des efforts entrepris par le Secrétariat général de UMA afin de réaliser l’intégration du Maghreb», indique la même source estimant que la réalisation de cette ligne a une dimension stratégique dans la mesure où elle va contribuer au rapprochement par voie terrestre des pays du Maghreb avec l’Europe et l’Afrique. La même source rappelle que la liberté de circulation et de résidence entre les pays du Maghreb figure parmi les objectifs de l’UMA. Ce qui aura un impact important en termes d’échanges de marchandises et de mobilité des personnes, ajoute la même source. L’UMA dispose d’une étude détaillée, chiffres à l’appui, sur le projet et l’impact de sa mise en œuvre sur les populations de la région. Ce document a été établi par un groupe d’entreprises Italferr-Comete-Medevco suite à un contrat conclu entre les deux parties en 2017 pour un coût de plus de 1,707 million de dollars. Dans ce cadre, l’UMA, en partenariat avec ces entreprises, avait effectué au mois de janvier des cycles de formation pour les chemins de fer au Maroc et en Tunisie afin d’en dévoiler les finalités.

Les villes concernées par le projet

Le projet est encore sur papier et nécessite l’accord des pays concernés et les bailleurs de fonds. Pour les convaincre, l’UMA va démarrer sa campagne marketing et de commercialisation à la fin du mois de mars à Tunis. Le tracé de l’étude révèle qu’elle vise à moderniser et mettre en place des liens ferroviaires entres plusieurs villes sur une distance de 2.350 km. Ainsi, elle prévoit la modernisation du chemin de fer reliant Fès et Oujda, soit 354 km. Elle cible également la modernisation du chemin de fer reliant Oujda, Akid Abbes en Algérie et Jendouba en Tunisie (17 km) ainsi que la mise en place d’un nouveau chemin de fer entre Annaba, Al Tarf en Algérie et Jendouba en Tunisie sur une distance de 110 km. De même, elle préconise la modernisation et la réhabilitation du tronçon ferroviaire entre Jendouba et Jdida en Tunisie (150 km). Le kilométrage restant sera entièrement mis en place.

36.237 voyageurs et 22.654 tonnes de marchandises par jour en 2025 entre Casa et Alger

Faire moins de 25 heures au lieu de 48 heures entre Casablanca et Tunis sera possible une fois le projet réalisé. Le projet vise à réduire le temps de voyage entre les villes du Maghreb et faciliter les déplacements et à court, moyen et long termes, le flux des voyageurs entre les pays du Maghreb sera de plus en plus important. Rien qu’entre Casablanca et Alger, en 2025, la ligne ferroviaire transmaghrébine permettrait d’atteindre par jour 36.237 voyageurs et 22.654 tonnes de marchandises. En 2040, l’étude estime que le nombre de voyageurs entre les deux pays par jour sera de 52.941 voyageurs et permettrait l’échange de pas moins de 42.945 tonnes de marchandises.

Encore plus, en 2065, les auteurs de l’étude prévoient que le nombre de voyageurs entre le Maroc et l’Algérie à travers cette ligne atteigne par jour 93.100 voyageurs et 109.097 tonnes de marchandises. En 2025, entre Annaba et Jendouba, le nombre de voyageurs atteindrait par jour 4.689 passagers et les échanges commerciaux 4.036 tonnes de marchandises. En 2040, cette ligne transporterait 6.738 passagers et 8.388 tonnes de marchandises, toujours par jour. Des chiffres qui seraient multipliés par deux en 2065, puisque l’étude table sur 12.431 passagers par jour et 22.436 tonnes de marchandises à cet horizon.

Le marketing du projet démarre en mars à Tunis

Le rôle de l’UMA consiste à partager l’étude et faire appel aux investisseurs. Ainsi, l’Union a lancé en fin janvier 2019 un appel à candidature international pour le recrutement d’un consultant individuel (ou représentant d’une société) qui sera chargé du marketing et la publicité de l’étude de la réhabilitation et de la modernisation de la ligne de chemin de fer transmaghrébine.

Cet appel d’offres peut être retiré directement de l’UMA et les dossiers de candidature doivent être déposés ou envoyés à l’Union avant le 15 février 2019. La durée totale de cette mission est de 4 semaines et sa période de réalisation s’étale du 1er au 28 mars 2019.

A cet égard, la première table ronde se tiendra le même mois à Tunis. Dans ce cadre, le Secrétariat général de l’Union du Maghreb Arabe avait obtenu un don de la Banque africaine de développement en dollars américains, octroyé sur les ressources de la facilité pour la préparation des projets d’infrastructures du Nepad (FPPI-Nepad) qu’elle gère, en vue de financer le coût des activités préparatoires du projet de la réhabilitation et de la modernisation de la ligne de chemin de fer transmaghrébine reliant l’Algérie, le Maroc et la Tunisie.

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