L’impact de la baisse du dollar sur le Maroc

La concurrence entre les principales zones monétaires internationales est rude : dollar en baisse d’une part, et appréciation de l’euro et du yen de l’autre. Pour le CMC, l’économie marocaine semble pour le moment tiré profit de cette situation. Bémol toutefois, cette instabilité, produit de la mondialisation, menace la reprise encore fragile de l’économie nationale. Pour mieux situer les enjeux de cette problématique, l’étude du CMC remonte à la situation monétaire nationale durant la période 1990-2001. À l’époque, le contexte monétaire international et l’appréciation du dirham face au franc français et au dollar étaient largement défavorable à l’économie marocaine sur plusieurs niveaux.
D’abord, en pénalisant les exportations vers l’Europe par le renchérissement des prix des produits exportés. Ensuite, en favorisant les importations des biens d’équipement en provenance des pays d’Europe en général et de France en partialier. Conséquences : alourdissement du poids de la dette dont la grande est libellée en dollar. Mais aussi, celle de la facture pétrolière et des matières premières importées et payées également en dollars. Les deux premiers facteurs ont aggravé le déficit commercial. Les deux derniers ont influencé négativement la balance des paiements. L’année 2001 fut le point culminant de cette tendance. Afin de renforcer l’ancrage du dirham à l’euro, considéré comme la principale zone d’échange du Maroc, les autorités monétaires ont procédé le 25 avril 2001 à un réaménagement du panier de cotation qui s’est traduit par une dépréciation du DH de l’ordre de 5%.
En 2002, la tendance s’est inversée. Les développements observés sur les marchés des changes internationaux ont été marqués cette année par le redressement sensible de l’euro face au dollar. Ces évolutions se sont traduites par une appréciation de la monnaie nationale de 13,7% par rapport au dollar et sa dépréciation de 3,8% comparativement à l’euro. En 2003, la même tendance se confirme avec l’appréciation du dirham par rapport au dollar de 0,463% et sa dépréciation face à l’euro de 1,4991% durant la dernière semaine du mois de décembre.
Les réactions à chaud des différents acteurs économiques ne peuvent être que positives et optimistes face à cette nouvelle donne à la faveur de l’économie nationale, estime le CMC.
Ce nouveau contexte permet effectivement la croissance des exportations et un allégement relatif de la dette. Mais, avec une contrepartie presque immédiate : l’inflation, qui serait induite par l’effet symétrique de renchérissement des importations, dont les prix influeraient alors à la hausse sur l’ensemble des biens et services, du fait de l’existence d’élasticités – prix critiques.
À son tour, l’inflation conduirait à terme à une spirale de distorsions à tous les niveaux économiques et sociaux. Conséquence : la gestion des taux de change apparaît finalement de plus en plus aléatoire. Elle ne peut jamais résoudre les difficultés d’un déséquilibre structurel maintenu, voire aggravé par le postulat de base de la mondialisation.
L’adoption d’une politique de change optimale dépend donc de la capacité de la politique économique à réussir un ancrage commercial et financier cohérent. La double dépendance de l’économie marocaine à l’égard des économies américaines et européennes peut être source de progrès. Mais elle reste aussi à l’origine de grandes distorsions économiques et financières.

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