L’import gagne de plus de plus de terrain

L’import gagne de plus de plus de terrain

Fragilisé par la concurrence étrangère, due à l’ouverture des frontières et le démantèlement progressif des tarifs douanières, le secteur des exportations, toutes filières confondues, souffre le martyre. C’est ce que laisse entendre les professionnels du secteur qui estiment que les exportations marocaines sont, plus que jamais, menacées. Dans leur diagnostic, les professionnels s’appuient sur des chiffres. Pas n’importe lesquels. Ceux du Haut Commissariat au Plan. Selon le rapport d’évaluation du Plan quinquennal pour la période 2000-2004, les exportations ont augmenté de 3 % en volume contre 5,6 % prévu par le Plan. Des chiffres qui en disent long sur les difficultés que rencontrent les opérateurs marocains pour écouler leurs produits sous d’autres cieux. Toujours selon le même rapport, «cette contre-performance n’a pas manqué d’alourdir le déficit de la balance commerciale qui est passé de 9,4% du PIB en 1999 à près de 13 % en 2004 ». Déséquilibre macro-économique qui risque de peser lourd sur l’investissement, et, avec lui, l’emploi, au profit du commerce. Jamais les exportateurs marocains n’ont été aussi alarmistes. Pour eux, les importations, surtout celles des biens de consommation, sont en train de gagner du terrain par rapport aux exportations. Des activités commerciales qui, généralement, ne nécessitent pas de grands investissements, mais rapportent gros. Les Nouvelles mutations du commerce international, notamment les accords de libre-échange, y sont pour beaucoup. L’Union européenne, principal partenaire économique du Maroc, ne l’est plus ou presque. En 24 ans, les exportations marocaines à destination de l’UE ont baissé de deux points, passant de 5 % en 1980 à 3 % en 2004. Des parts de marché récupérées par les concurrents directs du Royaume, notamment la Tunisie. Et les chiffres sont là pour en témoigner : le rapport des exportations des biens et services au PIB est de 32 % au Maroc, alors qu’il est de 45 % en Tunisie. Entre 2000 et 2004, les importations des produits de consommation ont progressé de 9,3 % par an, alors que le Plan prévoyait une hausse de seulement 5,2 %. Plus encore, hormis les échanges en admission temporaire sans paiement, les exportations de marchandises ne couvrent que 45 % des importations.
À court et moyen termes, les professionnels craignent le pire. Il faut dire que jusqu’à maintenant, les réformes et les mesures mises en place pour accélérer le processus de la mise à niveau ont montré leur limite. N’y croyant plus et voyant le fossé de compétitivité se creuser davantage, les professionnels du secteur appellent le gouvernement à revoir sa copie et mettre en place une nouvelle stratégie pour relancer des exportations. Avant qu’il ne soit trop tard.

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