L’industrie plombe la Bourse

L’industrie plombe la Bourse

Si traditionnellement, mars coïncide avec la publication des résultats des entreprises cotées à la Bourse, février, lui, est le mois des pronostics. S’attendant à des bilans 2004 en décà des prévisions, la communauté des investisseurs a fait jouer l’anticipation.
Un exercice qui n’a pas souri aux valeurs industrielles. A commencer par Holcim Maroc, l’un des tout premiers à faire connaître ses résultats. Le cimentier qui revendique une part de marché légèrement supérieure à 20% présente des performances en berne comparativement à l’année précédente, avec un chiffre d’affaires consolidé en stagnation. Le résultat consolidé du groupe recule, quant à lui, de 16,3%, presque dans la même proportion que la diminution du résultat net.
Des baisses dont les causes ne sont certainement pas à rechercher dans les tendances du marché de construction, toujours en croissance. La non-répercussion de l’augmentation de la taxe spéciale sur le ciment de 50 dirhams la tonne explique-t-elle tout? Les résultats de Ciment du Maroc sont aussi en deçà de ceux attendus. Des résultats qui se répercutent sur les valeurs des entreprises du ciment à la Bourse, lesquelles signent des replis mensuels conséquents.
D’une manière générale, la plupart des valeurs industrielles sont en repli, d’après le rapport de BMCE Capital, qui note que, durant le mois de février, la place casablancaise est plombée par la contre-performance des principaux indices de ce secteur. D’ailleurs le portefeuille de BMCE Capital Bourse, caractérisé par une pondération des valeurs industrielles de l’ordre de 68,3%, a évolué au grè du comportement général hésitant du marché boursier, notamment celui des titres industriels.
Le bâtiment et matériaux de construction a vu son indice s’effriter de 7,4%. Souvent présentées comme des valeurs-refuge, les télécoms n’ont pas résisté à cette tendance, en cédant 1,5%. Minés par les mauvais comportements de l’ONA et de la SNI, les portefeuilles de holding payent le coût de la diversité.
En fait, ce sont les boursicoteurs qui ont placé leur confiance dans les sociétés de financement et autres entreprises de ce rayon qui s’en sont nettement mieux sortis durant le mois de février avec des gains de 8,6%. Les Assurances marquent une petite progression (1,1%), alors que le secteur bancaire, en grande forme, cumule des profits de 3% sur l’année.
La cote des sociétés de crédit est aussi en hausse. Les actions de Diac Equipement et Diac Salaf gagnent respectivement 91,3% à 46,52 dirhams et 68, 42% à 64 dirhams sur un seul mois. Les analystes de BMCE Capital lient ces progressions à l’annonce du bon déroulement du plan de mise à niveau initié en 2001 et aux bruits sur une reprise de deux filiales du groupe Fininvest par un opérateur étranger.
L’anticipation profite à la valeur CIH en progression de 33,8% à 60 dirhams . Assuré d’ores et déjà d’un résultat 2004 positif, la banque tire les dividendes de l’effet d’annonce de la possible entrée dans son capital du groupe français, Caisse d’Epargne. Sur le chapitre des résultats 2004, le Groupe Banques Populaires a réalisé des performances satisfaisantes avec une part de marché en progression.
Le redressement semble tarder pour Managem. La valeur minière, en contraction de 9,7% à 205 dirhams, est toujours pénalisée par l’expectative de la réalisation d’une nouvelle perte au titre de l’exercice précédent.

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