L’Irlande défend son impôt sur les sociétés contre l’UE

L’Irlande défend son impôt sur les sociétés contre l’UE

Le gouvernement irlandais cherche à recevoir une aide de plusieurs milliards d’euros accordée par le FMI et l’UE mais écarte dans le même temps tout relèvement de son taux d’imposition des sociétés, actuellement de 12,5%. Le vice-Premier ministre Mary Coughlan a jugé ce taux «non négociable». De nombreux pays européens, eux-mêmes confrontés à d’importantes mesures d’austérité, voient cependant d’un mauvais œil le versement d’une aide financière à l’Irlande si celle-ci se refuse à lever davantage de recettes. Mais l’Irlande a de bonnes raisons de conserver un taux faible de taxation qui attire les multinationales américaines comme Google, Microsoft, eBay ou encore Intel, à l’origine de la création de dizaines de milliers d’emplois dans le pays. Les arguments sont également politiques. Cet impôt est désormais érigé en symbole de la souveraineté nationale, acquise durement contre l’Angleterre il y a un siècle. Lors de la ratification du traité de Lisbonne, les Irlandais avaient en outre obtenu la promesse de pouvoir établir librement leurs impôts. De généreuses subventions européennes conjuguées à une faible imposition des entreprises ont en effet permis à l’Irlande, pays pauvre et agricole jusque dans les années 80, de devenir un des pays européens les plus prospères et les plus dynamiques. L’impôt sur les sociétés a rapporté 3,9 milliards d’euros de recettes à l’Etat irlandais en 2009 et devrait générer 3,1 milliards d’euros de recettes cette année, ce qui représente 10% des recettes totales de l’Etat.

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