L’OCP, un Groupe en bonne santé financière

En dépit de la crise internationale, le Groupe OCP se porte bien et réalise des performances honorables, confortées par un chiffre d’affaires de 1 milliard de dollars, à fin juin 2009, en hausse de 6% par rapport à la même période de 2006, une année normale comparativement à 2007-2008, où le secteur a vécu une conjoncture exceptionnelle avec l’envolée des cours. Cet indicateur est d’autant plus significatif qu’il représente environ 50% du chiffre d’affaires prévisionnel pour toute l’année en cours, avec une marge brute supérieure aux niveaux enregistrés durant les premiers semestres des années 2006 et 2007, de 33% et 15% respectivement, selon des chiffres communiqués par l’Office chérifien des phosphates (OCP). Ces performances ont été réalisées pourtant dans un contexte mondial difficile, marqué par le recul de la demande. D’ailleurs, le Groupe avait anticipé cette baisse de la demande perceptible à partir du 4ème trimestre 2008 et a réduit sa production d’acide phosphorique et d’engrais durant quelques semaines. Cette décision stratégique, qui visait à ajuster l’offre à la demande, a permis aux principaux acteurs du secteur de maintenir les prix à des niveaux extrêmement intéressants. De l’avis des experts, cet ajustement est un comportement nouveau dans le secteur des phosphates au niveau international. «Malgré la crise, les prix des phosphates restent aujourd’hui à un niveau trois fois plus élevé qu’il y a deux ans», a affirmé le président-directeur général du groupe OCP,  Mustapha Terrab, dans un entretien à la MAP, précisant que «la nouvelle stratégie de l’OCP vise à maximiser aussi bien les marges que le revenu global». En maintenant les niveaux d’extraction de roche phosphatière, le Groupe a constitué un stock de minerai de qualité marchande de 4 millions de tonnes, prêt à être exportés avec la reprise de la demande sur le marché international. «Ainsi, le Groupe OCP se porte bien malgré la crise économique internationale et continue de réaliser des performances supérieures à celles prévues par son Business plan présenté au Conseil d’administration en 2006», a déclaré le P-dg du Groupe. «En 2009 et en pleine crise, l’OCP a réalisé des marges qui sont même supérieures à celles enregistrées en 2007, déjà une très bonne année», a tenu à souligner M. Terrab, qui a estimé que la comparaison des réalisations 2009 du Groupe avec une année exceptionnelle et singulière comme 2008 «n’est pas significative». Il a expliqué que même avec un tonnage exporté en baisse en 2009, le Groupe OCP maintient sa part dans la valeur totale des exportations nationales, qui devrait atteindre 20% à la fin de l’année en cours, contre 18% en 2007 et 16% en 2006. Au niveau de la balance des paiements, l’impact est également positif avec +245 millions de dollars par rapport au premier semestre 2006 et +126 millions de dollars par rapport à fin juin 2007. Le Groupe OCP avait anticipé la baisse des cours des phosphates à l’international dans son Business plan et il a agi en conséquence, ce qui lui a permis de maintenir ses parts de recettes en devises à environ 9%. L’OCP, dont la rentabilité opérationnelle ne semble pas fortement affectée par la crise internationale, a réalisé plus de 60% de son Ebitda prévisionnel (bénéfice obtenu avant déduction des charges financières, impôts, provisions et amortissements) pour 50% du chiffre d’affaires et 30% du volume de vente prévisionnel. Selon les résultats financiers de l’OCP, l’Ebitda du groupe a atteint au premier semestre 2009 quelque 2,9 milliards de dirhams, soit le même niveau que celui enregistré une année auparavant, pour la moitié du volume exporté. Tous ces chiffres viennent confirmer la solidité et la pertinence des choix stratégiques du Groupe OCP, un mastodonte qui emploie un peu moins de 17.000 personnes et contribue à hauteur de 15 à 20% aux entrées de devises et de 2 à 5% aux investissements engagés au Maroc. En effet et malgré le contexte de crise, le Groupe a non seulement maintenu son programme d’investissement 2009-2015, mais il l’a accéléré. Ce programme de 4 milliards de dollars, dont le financement est totalement assuré, vise essentiellement une meilleure valorisation du phosphate brut, le doublement de la capacité de production de la roche, pour la relever à 50 millions de tonnes par an, la commercialisation du produit à travers la transformation du site de Jorf Lasfar en un hub international de la chimie des phosphates (Jorf Phosphate Hub), ainsi que la réduction des charges et des coûts à travers notamment l’adoption d’un nouveau mode de transport, qu’est le «Slury pipe». Après sa transformation en société anonyme, le groupe OCP, fort de ces performances, s’est penché sur le renforcement de la structure de son bilan financier, ce qui lui a permis l’externalisation de sa caisse interne de retraite pour un montant de 28 milliards de dirhams ainsi que des engagements en investissement dépassant les 11 milliards de dirhams. Aujourd’hui, le Groupe possède une assise financière solide le prédisposant à avoir des alliances en nouant un partenariat stratégique avec la Banque centrale populaire (BCP), sous forme de prises de participation réciproques. Premier producteur et exportateur au monde avec d’importantes réserves mondiales des phosphates, le Groupe OCP a également renforcé sa stratégie organisationnelle en s’engageant dans une politique de décentralisation ambitieuse, qui consiste à responsabiliser les sites et à les rendre plus autonomes au niveau des moyens opérationnels, rompant ainsi avec le mode de gestion ultra-centralisé qui caractérisait le Groupe auparavant.
 

Par Mohammed Réda Braim (MAP)

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