L’ODEP milite pour l’harmonisation

L’Office d’exploitation des ports (ODEP) vient d’aménager une voie d’accès spéciale à la zone de chargement pour canaliser et organiser le flux des mouvements de camions pour l’enlèvement des conteneurs au terminal Est. Cette plate-forme qui compte 600 mètres de linéaire de quai, près de 52 hectares de zone de stockage, six portiques de 40T, 21 chariots cavaliers et 15 élévateurs, n’a rien à envier aux grands terminaux du monde. L’investissement global est conséquent, plus de 1,5 milliard de dirhams, totalement financé par l’ODEP.
Seulement, sur le plan organisationnel, l’absence d’harmonisation des horaires entre différents intervenants handicape ce terminal. Il est à signaler que le nombre de camions entrant et sortant du port, tout trafic confondu, représente l’équivalent d’une file d’une longueur de 32 kilomètres tout trafic confondu.
Quotidiennement, la file d’attente des camions dépasse 10 km. Un véritable problème de productivité dont l’explication réside dans l’absence d’harmonisation entre les différents opérateurs.
Le surcoût, énorme, s’apprécie en termes d’allongements de délais de traitement et d’enlèvement de conteneurs. Un véritable problème de productivité, puisque, bien que les opérations s’étalent en jour de semaine, de 8h30 à 20h 30, les horaires effectives d’enlèvement et de traitement de conteneurs ne cessent de diminuer.
D’après les statistiques de l’Office, ce sont 11 heures de travail qui sont perdues par jour en matière d’enlèvement des conteneurs, à cause de la répartition inégale des entrées et des sorties conteneurs. Pourtant, l’ODEP travaille en 3 shift (3x 8heures), soit 24 heures sur 24. Alors qu’ailleurs, dans d’autres pays, le travail portuaire se fait en flot continu, sans interruption, dans le plus grand port marocain, les enlèvements sont inexistants au-delà des horaires de travail administratif et presque nuls les samedis et les dimanches. Ce dernier jour de semaine ainsi que le lundi connaîssent une arrivée massive des camions à des heures bien particulières, entre 10 heures le matin et 16 heures, l’après-midi. Les lundis et jeudis sont les jours d’engorgements, avec un trafic qui affiche des pics.
L’investissement de l’ODEP dans l’aménagement de cette voie d’accès menant au terminal Est s’accompagne aussi, il faut le dire, d’un renforcement des moyens humains et matériels affectés à cette activité stratégique qui représente 20% du trafic du port de Casablanca et qui connaît une très forte évolution annuelle, de l’ordre de 11%.
Les mesures prises récemment ont déjà donné des résultats. A la fin du mois de février, la productivité de la manutention (25 boîtes à l’heure à l’import, et 19,5 à l’export) a marqué des hausses respectivement de 32 et 21% par rapport à la même période de l’année précédente. Conséquence, une baisse nette du niveau d’attente des navires. Aujourd’hui, le nombre de conteneurs traités et enlevés au terminal Est se chiffre en moyenne à 900 boîtes par jour pour la plage horaire de 8h45 à 21h 42, avec des pointes entre 12h45 et 18h 45.
L’ODEP ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Pour décongestionner encore plus la circulation dans le port, il est projeté la réalisation d’une desserte assurant l’accès nord au port et donnant directement sur le boulevard Moulay Slimane, mitoyen de la centrale thermique de l’ONE. Cette desserte, qui nécessitera une enveloppe de 25 millions de dirhams, sera réalisée en partenariat avec le Conseil de la ville de Casablanca. Reste à assurer cette mobilisation de tous les opérateurs sans laquelle, il serait impossible d’optimiser les différents investissements.
Pour l’ODEP, l’harmonisation des horaires de travail et la mise en place du travail continu en 3 shifts par l’ensemble des intervenants portuaires sont une condition sine qua none pour optimiser les moyens. Si cela se faisait, le port atteindrait rapidement un niveau de traitement de 900 conteneurs par jour. L’Office souhaite, en particulier, que les transporteurs assurent l’enlèvement des conteneurs pendant certaines heures, en particulier, les trois heures restantes du premier shift et du deuxième shift (tranche de 8 heures), les huit heures du troisième shift, les dimanches et les jours fériés.
Parallèlement, les dépôts extra-portuaires pour la livraison des conteneurs vides doivent adapter leurs horaires d’ouverture à ceux du port ; ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

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