Logement: Un premier round de concertations à Casablanca

Logement: Un premier round de concertations à Casablanca

«Le secteur du logement devrait être considéré comme l’une des options possibles pour atteindre une croissance plus inclusive au niveau du continent africain». Une résolution qui vient d’être clairement soulignée par la Banque africaine de développement. La BAD qui inscrit l’inclusion financière et le développement durable au cœur de sa stratégie se penche sur la question du logement avec des aspirations claires et déterminées.

Le but étant d’en faire de ce secteur à fort potentiel une clé vers un développement socio-économique efficace et «continentalement» rentable. De par sa capacité à améliorer les conditions de vie des individus et à stimuler la création de l’emploi à travers des industries connexes, le développement de l’habitat et l’urbanisation des villes africaines est l’un des défis à soulever dans les cinq régions du continent.

Pour limiter la fracture urbaine dans la région, la BAD lance en partenariat avec l’ONU-Habitat une étude de grande envergure visant à établir un examen critique des dynamiques du logement en Afrique. «C’est une analyse qui permettra de pallier au déficit de connaissance en matière de logement et de mettre en lumière les principaux défis et opportunités auxquels le marché fait face», souligne dans ce sens Yacine Fall, représentante permanent de la BAD, lors du lancement de consultations relatives à ladite étude, tenue jeudi 12 février à Casablanca.

Le choix du Maroc pour l’organisation du premier round de concertations n’est pas fortuit. Le Maroc sert, dans ce sens, de modèle, vu la pertinence et l’efficacité des politiques volontaristes engagées dans la matière et la constitutionnalisation du logement en tant que droit citoyen. «En terme d’évaluation, un effort gigantesque a été fait sur le plan national.

Le Maroc détient aujourd’hui la première place au niveau mondial en terme de réduction des bidonvilles atteignant à ce jour un taux de 60%», indique pour sa part Moncef Fadili, conseiller de l’ONU-Habitat. Et d’ajouter que «cinq atouts ont permis au Maroc de se projeter dans la démarche du logement pour tous, à savoir les politiques volontaristes d’envergure nationale, les modalités contractuelles qui impliquent l’ensemble des parties prenantes dans une approche gagnant-gagnant, la continuité des mandats politiques, l’intégration du logement économique dans le cadre des activités génératrices d’emploi ainsi que la solidité du partenariat public-privé».  En effet, le Maroc a réussi en 15 ans à diviser par deux son déficit en logement. La résorption est passée d’un déficit d’un million d’unités en 2001 à 640.000 en 2014.

Des constats appuyés par Amina Bouketab, inspectrice générale représentante du ministère de l’Habitat qui confie que le secteur a contribué en 2014 à hauteur de 6,6% du PIB national et a par ailleurs participé à hauteur de 9% à la création d’emploi. Le secteur a représenté pour la même période plus de 50% de la formation brute du capital fixe et a drainé, aux premiers mois de 2014, 1 milliard de dirhams d’investissements directs étrangers.  

En dépit de ces réalisations le Maroc et ses pays voisins sont confrontés à de lourds enjeux de croissance ceux de bâtir des villes compétitives et inclusives et de renforcer davantage les gouvernances locales.

Etude : Un avant-goût des recommandations de la BAD

Dans le cadre de son étude relative aux dynamiques du marché du logement en Afrique, la BAD a identifié quatre thème à analyser. Il s’agit en effet des thématiques du financement de la demande et de l’offre de logements abordables, du foncier et des infrastructures, du coût de la construction et la productivité ainsi que des formules de logements alternatifs pour les plus pauvres.

En guise d’élaboration, la Bad et l’ONU-Habitat ont tiré quelques conclusions préliminaires qui feront l’objet de discussion lors des rencontres de concertations dont les prochaines sont prévues à Adis Abeba et Dakar. Les recommandations déduites dans ce sens tendent principalement à remédier à quelques urgences. Les experts de la BAD appellent dans ce sens les pouvoirs publics à adopter une approche habilitante pour lutter contre les bidonvilles et établissements informels. Aussi, ils ont appelés en urgence à élaborer un cadre institutionnel relatif au logement exhaustif, tout en s’assurant que les institutions disposent de ressources suffisantes.

Selon la BAD, les terrains biens situés, abordables et accessibles sont un apport fondamental à l’amélioration des bidonvilles et l’offre en logements abordables. Pour ce faire, les autorités doivent prendre les mesures appropriées pour réduire les exigences, et les étapes requises pour accéder au foncier formel. La BAD voit également dans l’autoconstruction progressive un moyen pour augmenter l’abordabilité et encourage par ailleurs les logements locatifs et la mise en place de programmes de sites et services. L’intensification de l’offre en logements abordables passe également par la mise en place de programmes de logements sociaux intégrés et de subventions bien ciblées pour garantir qu’elles atteignent les bénéficiaires voulus.

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