Logistique des marchés agricoles : Les principaux chantiers du Plan Maroc Vert

Logistique des marchés agricoles : Les principaux chantiers du Plan Maroc Vert

Marché des semences certifiées : Les superficies de multiplication en forte expansion

Croissance soutenue du marché des semences certifiées. Les superficies de multiplication des semences sont passées de 42.000 hectares en 2008 à 70.000 hectares en 2017, soit 1.200 agriculteurs multiplicateurs. De même, une dizaine d’opérateurs commerciaux agréés exercent sur ce segment à travers un réseau de distribution développé et couvrant toutes les zones potentielles agricoles. Citons en l’occurrence la Société nationale de commercialisation des semences (Sonacos) qui contribue activement à la réalisation des objectifs du Plan Maroc Vert à travers la production et la commercialisation des semences certifiées de céréales d’automne, de fourrages, de légumineuses alimentaires, d’oléagineuses, de pomme de terre et de betterave à sucre. L’amélioration du taux d’utilisation des semences certifiées est fondée sur la performance de la logistique mise en place. Sonacos investit régulièrement dans l’accroissement de ses capacités industrielles par la construction de nouveaux centres régionaux ou par le renouvellement de son parc de machines destinées au conditionnement et au traitement des semences. Les 15 centres régionaux de la Sonacos disposent d’une capacité de stockage de 1,5 million de quintaux de différentes variétés et de qualités, certifiées par l’Office national de la sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA). La capacité de conditionnement s’élève à 1,7 million de quintaux au moment où la capacité de traitement de ces centres est de 2 millions de quintaux. La Sonacos exploite un large réseau de points de vente répartis sur tout le territoire national, composé de plus de 250 centres de conseil agricole et de plus de 250 distributeurs et dépositaires privés.

Marché des céréales : SOSIPO investit en logistique de réception

Des moyens logistiques importants sont engagés dans l’acheminement des céréales de production locale ou d’importation vers le consommateur final. Ces moyens logistiques concernent aussi bien le transport et la manutention des matières premières et des produits finis que les opérations de transit, de stockage et de transformation. Des investissements importants en logistique de réception ont été réalisés par le secteur privé et par la SOSIPO, filiale de l’Office national interprofessionnel des céréales et légumineuses (ONICL). L’importation transite par les silos portuaires de Nador, Casablanca, Safi, Jorf et Agadir. 

Les silos portuaires de transit totalisent une capacité de stockage de 3,6 millions de quintaux et une capacité de déchargement allant de 7.000 à 12.000 tonnes par jour et par quai, soit une quantité suffisante pour charger jusqu’à 1.000 camions remorques ou wagons par jour. Ayant connu un essor considérable grâce aux investissements privés, la capacité de stockage à l’intérieur du pays permet d’optimiser la gestion de l’approvisionnement en faisant face notamment à la saisonnalité de la production et aux fluctuations du marché mondial. La capacité de stockage dont disposent les opérateurs totalise près de 70 millions de quintaux dont les trois quarts sont détenus par les commerçants céréaliers. Le reste est détenu par les industriels de la transformation. Le tiers de cette capacité est sous forme de silos et le reste est constitué de magasins polyvalents. Par ailleurs, le tissu de transformation des céréales est constitué essentiellement des minoteries industrielles totalisant une capacité annuelle d’écrasement d’environ 110 millions de quintaux, soit 164 unités dont 137 à blé tendre. Les fabricants des aliments composés totalisent pour leur part une capacité de transformation de l’ordre de 30 millions de quintaux, soit environ 40 unités.

Marché des fruits et légumes frais : Une réforme pour la modernisation des marchés de gros

Ils sont 38 marchés de gros des fruits et légumes opérationnels au Maroc. Ces infrastructures commercialisent près de 3,5 millions de tonnes par an de fruits et légumes, soit près de 30% de la production nationale . Doté d’une capacité d’un million de tonnes, le marché de Casablanca représente le un tiers de la production transitant dans les marchés de gros. En vue de renforcer l’attractivité des marchés de gros et d’optimiser les circuits de vente en gros au niveau national, une réforme a été engagée dans ce sens. Cette refonte vise par ailleurs à créer une offre alternative efficace permettant de réduire les pratiques informelles ainsi qu’à améliorer la chaîne de valeur depuis le producteur jusqu’au consommateur final. Cette réforme renforcera par conséquent le mode de gouvernance des marchés de gros des fruits et légumes. Afin de réussir l’implémentation de ce schéma de réforme, trois projets pilotes seront lancés au Royaume. Au moment où les concertations sont en cours entre le comité interministériel et les partenaires régionaux pour arrêter les modalités de réalisation des marchés de Berkane et Meknès, la configuration du marché de Rabat est d’ores et déjà arrêtée. Le concept étant de mettre en place une unité alimentaire qui regroupe les activités de commercialisation en gros des produits agricoles et agroalimentaires. Ce projet prévoit un dimensionnement de 60 hectares pour la première tranche. Il sera réalisé au niveau de la Commune de Sidi Bouknadel à Salé, dont la gestion sera confiée à une Société de développement régional (SDR). La convention de partenariat pour la réalisation du projet a été signée au moment où l’étude d’affinement du business plan et du plan architectural est en cours de réalisation.

Animaux vifs et viandes rouges : 4 abattoirs modernes construits

Un schéma directeur pour la professionnalisation et la modernisation des marchés à bestiaux et abattoirs est en cours d’exécution. Une démarche qui s’inscrit dans le cadre du contrat programme des viandes rouges ayant pour priorité l’amélioration des conditions de commercialisation des animaux vifs par l’aménagement et l’équipement des marchés à bestiaux. Le ministère de tutelle apporte un appui financier à l’aménagement des marchés à bestiaux à hauteur de 30% du coût global d’investissement. Le plan d’action du contrat programme porte sur l’aménagement de 14 souks modernes dont 8 pour les bovins et 6 pour les ovins et caprins. Le dispositif porte également sur l’aménagement de  40 souks temporaires pour la période de Aïd Al Adha et la mise à niveau des organisations professionnelles à travers la sensibilisation et la formation. Le ministère de tutelle assure dans ce sens que le projet de marché à bestiaux de Sidi Bennour sera le premier en son genre à l’échelle nationale et apportera une valeur ajoutée à la province de Sidi Bennour. Le nombre d’agriculteurs ciblés est de 18.000 et le coût global d’investissement est de près de 20 millions de dirhams. En ce qui concerne la modernisation des abattoires, 4 abattoirs privés agréés  à Meknès, Béni Mellal, Taroudant et Sidi Bennour ont été réalisés dans le cadre des projets intégrés et d’agrégation. Par ailleurs, le ministère a contribué à la mise à niveau de 8 abattoirs communaux. Notons que la tutelle a réalisé une étude pour l’élaboration d’un schéma directeur d’implantation des futurs abattoirs prioritaires afin d’orienter les investisseurs et l’Administration.

Marché des exportations agroalimentaires : Un salon virtuel pour promouvoir le produit agricole et maritime

Parmi les leviers définis dans le cadre du dispositif de promotion des exportations des produits alimentaires figure la digitalisation. Une stratégie est sur les rails portant sur la conception de salon virtuel. Il s’agit d’une plateforme en ligne reproduisant tous les avantages d’un salon physique. Mis en place par l’Etablissement autonome de contrôle et de coordination des Exportations (EACCE), «E-Food From Morocco» constitue un lieu de rencontre pour les entreprises marocaines en quête de développement sur les marchés internationaux. Cette plateforme, opérationnelle depuis 2017, facilite l’échange virtuel entre visiteurs étrangers et exposants marocains. Elle garantit par ailleurs aux entreprises un accès à des partenariats optimisés et efficaces, en mettant en avant l’offre Maroc avec un coût réduit auprès d’un public international élargi sans aucune contrainte logistique. À l’instar des salons physiques, ce salon virtuel est composé d’un espace d’accueil sous forme d’un desk avec une hôtesse d’accueil ainsi que de 10 halls pouvant contenir jusqu’à 10 stands chacun. Chaque stand comprend une description de l’entreprise, le catalogue des produits, des brochures, des vidéos et autres, avec possibilité de discussion instantanée. De même, un espace médias, est conçu de manière à consulter en ligne les revues de presse. A cela s’ajoutent également les espaces publicitaires dédiés aux sponsors et partenaires et la salle de conférences qui permet la projection de vidéos et la réalisation de webinaires.

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