Loi de Finances 2005 : Équilibres et arbitrages

En dépit des nombrables contraintes imprévues auxquelles le Maroc a du faire face, le Premier ministre, Driss Jettou, s’engage à ce que le projet de Loi de Finances 2005, qui s’inscrit dans une logique de développement durable, va préserver les équilibres fondamentaux, consolider les engagements sociaux et accélérer le rythme de la croissance. Lors du Conseil du gouvernement, M. Jettou a relevé que ce projet intervient après une année où le pays a dû faire face à plusieurs contraintes imprévues, comme la flambée des prix des produits pétroliers et ses répercussions sur la Caisse de compensation, le séisme qui a frappé Al-Hoceima et l’invasion acridienne.
«Nonobstant ces contraintes, le gouvernement veillera au respect des engagements, des priorités et des objectifs fixés, en application des hautes directives royales», est-il précisé. De son côté, le ministre des Finances et de la Privatisation, Fathallah Oualalou, a présenté un exposé sur ce projet de Loi de Finances, qui se veut un budget volontariste devant constituer le premier pas dans l’exécution des hautes directives royales contenues dans le discours du Trône. Ce projet, a-t-il dit, est considéré comme « une feuille de route » pour les cinq années à venir.
Ce projet s’assigne notamment pour objectifs l’accélération du rythme de la croissance, la prise en considération de la dimension sociale, la promotion des exportations, l’amélioration de la compétitivité des entreprises et des produits marocains et l’ancrage de la politique de réformes dans les domaines de l’administration, de l’enseignement, de la justice, du financement et de la fiscalité. La réforme des régimes de retraite figure parmi les chantiers les plus importants qui seront ouverts en 2005, a ajouté M. Oualalou. Globalement, la conception de la Loi de Finances 2005 tiendra assurément compte de la maîtrise des finances publiques, de la consolidation de l’acte d’investir et de la lutte contre la pauvreté, l’exclusion et la précarité. On le conçoit aisément, les prévisions des cours de l’or noir ne seront pas de tout repos. Pour l’heure, on retient un cours variant entre 30 et 35 dollars, estimant que le prix du baril du pétrole qui, ces derniers jours, avait frôlé la barre des 50 dollars, devrait retrouver, au milieu de l’année prochaine, des niveaux raisonnables mais sans fléchir en dessous des 30 dollars. Partant de là, les hypothèses vraisemblables et empreintes de réalisme retiennent un taux de croissance de 3% et une parité du dirham qui ne devrait pas connaître, à court terme, de fluctuations importantes. L’inflation, telle que pronostiquée par les centres de conjoncture, qu’ils relèvent du privé ou du public, serait assez vive et dépasserait la barre des 2%.
Le renforcement de l’investissement public pour consolider davantage les efforts consentis au niveau des infrastructures de base aura également droit de cité . Il y a fort à parier que l’on donnera plus de punch à l’accélération du rythme de réalisation des programmes routier et autoroutier et à l’extension des infrastructures portuaire et aéroportuaire.

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