L’oléiculture au Maroc

Avec 500 000 ha de terres réservées à l’olivier, le Maroc est actuellement classé au sixième rang mondial après l’Espagne (plus de 2 millions d’ha), la Tunisie (1,5 millions d’ha), l’Italie (1,2 millions d’ha), la Turquie (900 000 ha) et la Grèce (700 000 ha). «Il n’en demeure pas moins que notre pays dispose encore d’un potentiel important en matière d’oléiculture, estimé à 8,3 millions d’hectares par la F.A.0» rappellent les analystes du Crédit Agricole du Maroc dans leur bulletin Conjoncture Agricole du mois de juillet 2003. En termes de production, le classement du Maroc est nettement moins favorable compte tenu du faible niveau de productivité du verger national. L’olivier constitue la principale espèce fruitière plantée au Maroc avec 56 % de la superficie arboricole nationale. Cette espèce est présente à travers l’ensemble du territoire national en raison de ses capacités d’adaptation à tous les étages bioclimatiques. Elle assure, de ce fait, des fonctions multiples de lutte contre l’érosion, de valorisation des terres agricoles et de fixation des populations dans les zones marginales. L’oléiculture marocaine assure actuellement une activité agricole permettant de générer plus de 11 millions de journées de travail par an, soit l’équivalent de 55.000 emplois permanents et de garantir l’approvisionnement de 255 unités industrielles et de 16.000 unités traditionnelles de trituration d’olives d’une part, et d’une soixantaine de conserveries d’olives, d’autre part. «Le Maroc est le deuxième exportateur mondial d’olives de table après l’Espagne. Concernant l’huile d’olive, le poids du Maroc à l’export est encore insignifiant» précise le Crédit Agricole. Le développement de la production, qui est actuellement de 48 000 tonnes d’huile, contribuerait d’abord à combler le déficit national en matière d’huiles alimentaires et à réduire par conséquent notre très forte dépendance vis-à-vis du marché extérieur. De plus, la demande potentielle en huile d’olive et en olives de table sur les marchés nationaux et international ne peut qu’encourager le Maroc à développer et à mettre à niveau ce secteur dans sa globalité. ` En effet, la consommation mondiale d’huile d’olive au cours de la période 1991-2000 s’est élevée, en moyenne annuelle, à 1,8 million T contre 1,7 million T pour la période 1981-1990, soit une augmentation de 10 %. La production moyenne mondiale, durant la même période, a enregistré une augmentation de 6,7%. Le verger oléicole marocain est d’âge moyen puisque les oliveraies en pleine production (10 à 50 ans) représentent environ 50 % du patrimoine total, alors que la tranche d’âge supérieure à 50 ans ne représente que 17%. Quant aux jeunes plantations (inférieur à10 ans), elles représentent le potentiel de production à court et moyen terme, dont la part s’élève à 34 %.Les rendements en bour demeurent faibles et oscillent entre 0,8 et 1,5 T/ha. Ce niveau est rencontré principalement dans la zone oléicole Nord (provinces de Chefchaouen et de Taounate) et la zone Centre (provinces de Fès, Sefrou, Meknès et Taza). Cette faiblesse des rendements résulte de la conjugaison de plusieurs facteurs, en particulier ceux afférant à la structure des oliveraies et à leur localisation (topographie, conditions édaphiques) et aux soins d’entretien limités et peu appropriés, notamment la taille de fructification qui est rarement effectuée, la fertilisation insuffisante et la faible protection des vergers contre les maladies et ravageurs. «Néanmoins, il y a lieu de souligner l’existence d’oliveraies bien conduites (régions de Fès et Meknès) où des rendements relativement élevés sont enregistrés (environ 4T/ha)» précisent les analystes du Crédit Agricole.

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