L’OMC : Un traitement particulier

Les mouvements de concentration entre les grandes entreprises multinationales et notamment les conséquences relatives à la souveraineté culturelle inquiètent le candidat français aux présidentielles, Lionel Jospin.
En effet, ce dernier a déclaré que la fusion du groupe français Vivendi avec l’américain Universal « posait un dilemme, entre les risques d’une concentration toujours plus grande des industries culturelles et la défense des intérêts français. » Les interrogations que suscitent cette alliance stratégique l’amène à s’inquiéter sur l’improbable préoccupation du géant américain quant à la défense des intérêts français.
Le système de protection contre de telles manifestations de puissances médiatiques est d’ordre juridique. En fait, c’est l’éternel discours sur l’invasion des manifestations culturelles américaines au sein des foyers français. Pour sa part, Jean-Marie Messier, le Président directeur général de Vivendi-Universal, avait remis sur la sellette la question de « l’exception culturelle français », en annonçant en décembre dernier, que l’ère de la préservation de l’identité culturelle était révolue.
L’argumentation de Lionel Jospin trouve son origine dans les règles juridiques de la nomenclature nationale. C’est ainsi, que l’ancien premier ministre de la République a souligné qu’ : « il y avait dans la législation française des mécanismes protecteurs face à ces concentrations – des mécanismes qu’il faut peut-être renforcer ».
A l’heure où la campagne électorale bat son plein, la sensibilité identitaire et culturelle de la population est particulièrement exacerbée. C’est pourquoi le prétendant à la présidence a réaffirmé son ambition de se porter défenseur de la «diversité culturelle» au regard du monde. Par ailleurs, il s’engage de proposer «des Etats généraux des industries culturelles». Et c’est l’occasion de retrouver le profil du socialiste qu’il incarne, il clame formellement faire en sorte que « la culture échappe aux strictes lois du marché ».
Pour se faire, il désire se rallier aux pays qui souhaitent faire de l’exception et de la diversité culturelles une cause fondamentale. Il va encore plus loin et souligne son projet de porter les discussions et négociations devant l’organisation mondiale du commerce (OMC). Il veut arriver à imposer que le volet relatif à la musique fasse l’objet de débats en dehors des négociations génériques de l’OMC. Auparavant, il a annoncé son projet de proposer d’inscrire dans la future constitution européenne le principe de la diversité culturelle. Tous les domaines sont « exploitables » lorsque les échéances électorales pointent leur nez.

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