L’ONCF poursuit son train de réformes

L’ONCF poursuit son train de réformes

L’ONCF poursuit son train de restructuration et de transformations de son statut juridique. La question était au menu hier devant le conseil de gouvernement présidé par le Premier ministre en même temps que la loi relative sur la Société nationale du transport et des moyens logistiques et à la dissolution de l’Office national des transports (ONT). Le projet de loi sur l’organisation, la gestion et l’exploitation du réseau ferroviaire, est un préalable aux échéances futures, notamment à la transformation de l’Office en société anonyme. Créé en 1963, l’ONCF est un établissement public à caractère industriel , doté de la personnalité civile et de l’autonomie financière, et sous la tutelle du ministère du Transport. Avec un effectif de 9767 agents et un réseau de 1.907 Km de ligne, dont 1.537 Km à voie unique (80%) et 370 Km à double voie (20%), il s’agit de l’un des plus gros employeurs du Maroc, un acteur économique de premier plan. Le satut anonyme de droit privé garantirait à l’Office la concession de l’activité ferroviaire. Cette transformation apporte une plus grande souplesse de gestion nécessaire dans le processus de modernisation et de développement de l’activité ferroviaire. En pratique, cela devrait se traduire par la séparation entre l’activité de gestion des infrastructures et celle de l’exploitation commerciale. La filialisation des activités annexes, le gardiennage, l’entretien de la voirie entre autres, déjà largement engagés, ont sonné le tocsion : l’Office national des chemins de fer veut se recentrer sur ses activités de base. Questions subsidaires peut-être, et devant lesquelles la chargée de communication de l’Office nous a renvoyés à la Direction des établissements publics : qu’adviendra-t-il dans le cadre de la société anonyme, voire de la privatisation, de l’exploitation de certains axes non rentables? La privatisation à long terme ne signifierait-elle pas le recentrage sur les axes rentables ? Questions en suspens. A terme, dans le schéma de la SA, l’Etat héritera du domaine privé de l’ONCF. C’est une transition vers la privatisation, puisque par la suite, l’ouverture du capital est envisagée au profit du privé. C’est en tout cas l’un des volets du contrat-programme 2002-2005 conclu avec l’Etat et qui s’articule autour de trois mots : restructuration, recentrage et investissements. Sur la période considérée, l’investissement prévu par l’ONCF s’élève à 5,589 milliards de dirhams. La contribution de l’Etat sera, quant à elle, de 2 milliards de dirhams au titre de dotation en capital. Les investissements en infrastructures dans le cadre du programme triennal concernent d’abord le doublement du tronçon Meknès-Fès (1,25 milliard de dirhams), et Sidi Kacem-Meknès en phase de finition. Il s’agit d’investissements très importants puisque l’axe Casablanca-Fès génère 50% du trafic de l’ONCF. La question de la transformation de l’Office en société anonyme, occultée un temps par le transfert consensuel de la Caisse autonome de retraite vers le régime du RCAR, revient donc à la page. La question de la retraite, opération réussie à succès, libère les finances de l’ONCF en lui demandant une plus grande marge de manoeuvre. C’était une voie de passage obligée vers les autres objectifs dont s’est fixée la direction sous l’impulsion de Karim Ghellab. Dans de l’histoire l’office, l’année 2002, en termes de réalisations, d’investissements et d’innovations a marqué un tournant à l’ONCF qui se porte bien dans ses trois activités de base à savoir, le transport des voyageurs, le transport des marchandises diverses et le transport des phosphates. Les réformes envisagées s’inscrivent dans une actualité du transport marquée par le processus de libéralisation. L’année dernière déjà, les tarifs, fixés suivant un mode de calcul particulier, ont été modulés. En lieu et place, l’ONCF a adopté une formule, certes, tenant toujours en compte les conditions socio-economiques de la clientèle ciblée, mais quand même plus flexibles, plus en relation avec la rentabilité vu surtout que, depuis le 16 mars dernier, le transport routier est ouvert à la concurrence nationale et internationale. En tout cas, en attendant tous ces chantiers, l’ONCF peut se prévaloir d’être sur le bon timing dans son contrat-programme 2002-2005.

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