L’ONIX renvoyé aux calendes grecques

L’ONIX renvoyé aux calendes grecques

Plus d’Onix. L’idée de l’Office National pour la Promotion des Investissements et des Exportations n’aura pas fait long feu. Face aux protestations des opérateurs, le projet du ministère des Affaires économiques a été mis au frigo. Lors de sa rencontre avec l’Amex, à la fin de la semaine dernière, Driss Jettou, a eu à se frotter directement avec la question. Le Premier ministre s’est dit favorable à l’option de surseoir à la création de cet organisme dont l’idée, revue et corrigée, était d’en faire une centrale des investissements, englobant à la fois le CMPE et la Direction des Investissements extérieurs. L’annonce de la réforme avait suffi pour pousser les cadres de la CMPE à la grève. Contacté par ALM, la Direction des Investissements assure que le projet reste toujours en vigueur, mais qu’il sera profondément modifié. «Le CMPE n’en fera plus partie et le futur organisme ne s’appellera pas non plus ONIX». Le ministère de tutelle avait fait l’ébauche de ce projet sur la base de la compatibilité des domaines des exportations et des investissements, chose que réfute les membres privés du CMPE. L’architecture de l’ONIX était censée s’appuyer sur les futures «Maisons du Maroc» à mettre en place à l’étranger, sorte de guichet unique multisectoriel, pour la promotion et l’investissement. Le budget du futur organisme, tiré de la taxe parafiscale, devait atteindre 70 millions de dirhams. Quand on sait, commente un membre de l’Asmex ayant requis l’anonymat, que pour le seul Office national du Tourisme, qui ne s’occupe que d’un secteur particulier, le budget s’élève à plus de 250 millions de dirhams, il y a lieu de se poser des questions. Bref, l’ONIX n’avait pas les moyens de sa survie et la grève des cadres, relayés par le mécontentement des opérateurs, a suffi aux initiateurs de ce projet de le revoir à la base. Pour sa part, le Premier ministre s’est dit, lors de sa rencontre avec les opérateurs réunis au sein de l’ASMEX, favorable au lancement d’une étude globale sur la stratégie nationale de promotion. Le sujet a fait débat durant le dernier conseil d’administration du Centre marocain pour la promotion des exportations, tenu mardi dernier. La plupart des membres privés du conseil d’administration de cette instance, à l’image du président de l’ASPAM (Association des Producteurs d’Agrumes), M. Derreb ont manifesté leur opposition à la fusion avec la Direction des Investissements éxtérieurs. «Cela n’apportera rien au CMPE qui risquerait de se retrouver noyé dans une institution aux fonctions multiples». Depuis 1980, date de sa création, le CMPE, organe dépendant du ministère du Commerce extérieur, ne s’est jamais mêlé des exportations, son activité étant circonscrite à la promotion des exportations des produits agroalimentaires et industriels ainsi que des services. Son abandon au profit de l’ONIX entre, expliquait-on au ministère de la Mise à niveau, dans le cadre de la rationalisation des ressources publiques. Les tenants du regroupement ont dû d’abord revoir leur ambition à la base puisque au départ le regroupement concernait aussi, outre le CMPE et la Direction des Investissements extérieurs, le tentaculaire Office national marocain du Tourisme, la Maison de l’Artisan et l’ex-Odi. En fait, une union contre-nature, de l’avis du comité du personnel du CMPE qui s’étonnait des buts d’une telle fusion. Les fonctionnaires du CMPE s’inquiétaient avant tout de leur futur statut, en tant que fonctionnaire de l’ONIX, risquant de se faire désavantager par ceux de la DIE. D’autant que l’intégration passait par la sélection côté CMPE, et de manière directe en ce qui concerne les fonctionnaires du CMPE. De quoi susciter des frustrations. En tout cas, pour le moment, le dernier mot est revenu aux exportateurs. Le retard pris ainsi que l’abandon probable de l’idée de regroupement de tous ces organes promotionnels sectoriels vident la réforme de tout son sens, avait déclaré le président de l’ASMEX, Mohamed Tazi, favorable au fait «qu’il faille purement et simplement abandonner ce projet pour se pencher sérieusement sur la situation du CMPE pour en réformer les statuts et les doter des moyens humains et financiers nécessaires». Une solution qui a, désormais, beaucoup de chances d’aboutir

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