L’OPEP obtient gain de cause

Après des tractations ayant duré plus d’un mois, la décision est finalement tombée. A l’issue du sommet tenu au Caire, l’OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole) annonce l’application à partir du 1er janvier, la réduction de sa production de 1,5 million barils par jour (bpj), soit une baisse de 6,5 %.
Cette réduction n’aura pas été possible sans l’engagement des pays qui n’adhèrent pas au Cartel de revoir à la baisse leur production de 462.500 bpj. Ce qui fait retrancher la production mondiale de près de 2 millions bpj.
Rappelons qu’en novembre dernier, l’OPEP avait annoncé qu’elle ne réduirait pas sa production, pour répondre à une demande amoindrie par la crise économique, que si les autres pays producteurs assument leurs parts du fardeau. La Russie, le Mexique, la Norvège, Oman et l’Angola ont conditionné leur décision de réduire la production, jusqu’à ce que le brent de la mer du Nord passe sous les 17 dollars de crainte d’une guerre des prix.
La baisse de la production sera imposée pour six mois, mais les ministres, se réuniront toutefois à Vienne le 15 mars pour faire le point sur l’évolution du marché.
En dépit de l’annonce de cette baisse, les cours du brut ont enregistré une forte hausse le vendredi 28 décembre, avant de se stabiliser. Aujourd’hui, il semble qu’une alliance est de voir le jour entre les pays OPEP et non OPEP.
L’application de la baisse de la production devrait ramener celle de l’OPEP à son niveau le plus bas depuis dix ans. Cette réduction devrait contribuer à remonter le prix mais l’impact escompté ne semble pas être concrétisé à la clôture du marché londonien. Le prix du brut brent, référence pour la qualité du pétrole de la mer du Nord, a repassé la barre de 20 dollars pour atteindre 20,78 dollars le baril la mi-journée avant de clôturer vendredi au marché londonien du brut (international petroleum excha-nge), à 20,32 dollars pour une livraison en février, soit une très légère baisse de 3 % Pour plusieurs analystes, cela renforcera sans doute la crédibilité de l’OPEP. L’Organisation compte ramener les cours du brut vers le bas de sa marge objectif de 22 à 28 dollars par baril, représentant un cours de 24 à 30 dollars pour le brent. Cette marge a été bien défendue jusqu’à ce que les attentats du 11 septembre viennent aggraver le marasme économique ambiant.
Néanmoins, il sera très difficile pour l’OPEP de mettre en oeuvre cette réduction de 1,5 million en son entier dès le 1er janvier. Le principal souci viendrait de la Russie, où l’on craint que les compagnies pétrolières trouvent un moyen de contourner le quota révisé imposé par Moscou pour le premier trimestre.

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