L’Opep rassure l’économie mondiale

L’Opep rassure l’économie mondiale

«Je ne pense pas qu’il y ait un réel besoin de prendre de nouvelles mesures» après les deux baisses décidées fin 2006», a répété le chef de la délégation libyenne et patron de la compagnie nationale de pétrole nationale, Choukri Ghanem. Selon lui, les cours, autour de 60 dollars, sont à un bon niveau.
Les quotas devraient «probablement rester inchangés» a de son côté affirmé le ministre nigérian, Edmund Daukoru, mercredi. Il ne s’est en revanche pas prononcé sur le niveau réel de production de l’Opep, actuellement bien supérieur aux quotas officiels.
Le ministre saoudien du Pétrole Ali al-Nouaïmi, chef de file de l’Opep, est toutefois resté muet depuis son arrivée dans la capitale autrichienne, entretenant un certain suspense.
Le cartel se réunit en outre sur fond de nouvelles turbulences des places boursières européennes et asiatiques. Mercredi, après une chute de quelque 2% de Wall Street, Londres cédait 1,64%, Francfort 1,73%, Paris 1,86% et Hong Kong a clôturé en baisse de 2,56%. Cette nouvelle tourmente témoigne des inquiétudes des marchés sur les conséquences d’un ralentissement plus brutal que prévu de l’économie américaine, qui pourrait, s’il se poursuit, peser sur la demande de pétrole. Ces craintes, combinées à un rapport de l’Agence internationale du pétrole appelant le cartel pétrolier à augmenter sa production, ont entraîné un recul d’environ un dollar des prix du baril de Brent mardi à Londres et de 64 cents à New York mais les prix rebondissaient mercredi. A 11H00 GMT, le contrat de référence du Brent gagnait 17 cents à 61,07 dollars et le «light sweet crude» prenait 24 cents à 58,17 dollars lors des échanges électroniques.
Le président de l’Opep, l’Emirati Mohammad al-Hamili, s’est voulu rassurant, affirmant qu’il ne «craignait pas qu’un ralentissement économique heurte la demande», car laBourse traverse selon lui une phase de «correction normale».
«Je pense que ce n’est qu’un passage à vide» et pas un phénomène de «long terme» à renchéri M. Daukoru, tout comme Choukri Ghanem: «pour le moment nous ne sommes pas très inquiets», a-t-il dit. M. Ghanem s’est montré tout aussi serein pour la demande pétrolière, jugeant qu’elle serait «meilleure que ce que prévoit l’Agence internationale du pétrole». L’agence, qui représente les intérêts des pays consommateurs, a revu légèrement à la baisse ses estimations de demande des pays riches de la zone OCDE en 2007, le temps particulièrement doux en janvier ayant affecté la demande de fioul de chauffage.
Mais malgré cela, l’évolution des stocks des pays riches est «inquiétante», a-t-elle souligné avant d’estimer que «des exportations plus importantes de l’Opep seront nécessaires dans les mois à venir».
Là encore, le chef de la délégation libyenne s’est voulu rassurant mercredi : «si c’est nécessaire après l’été, nous augmenterons la production», a-t-il dit. Simon Wardell, analyste de Global Insight, «ne pense pas que (l’OPEP) va toucher à ses objectifs maintenant». Elle pourrait en revanche augmenter sa production dans quelques mois «car le marché devrait devenir très tendu au troisième trimestre», voire avant.

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