L’ordre agraire se renforce

L’ordre agraire se renforce

Il y a dix ans, le Maroc a mis sur les rails un dispositif intégré visant à structurer le monde rural et à dynamiser le rôle que joue l’agriculture en tant que levier économique et vecteur d’inclusion au Royaume. Une feuille de route a été enclenchée dotant le secteur agricole national de mécanismes structurants. Le Plan Maroc Vert, lancé en avril 2008, se veut une nouvelle configuration aussi bien pour le secteur de l’agriculture que pour le monde rural. La vision qui a été déterminée pour cette dernière décennie a porté sur un modèle transversal visant la consolidation des rendements des filières, l’amélioration des revenus des agriculteurs et l’exploration de nouvelles niches à forte valeur ajoutée. Le cap 2008-2020 est riche en enseignements. L’agriculture marocaine a pu enregistrer tout au long de ces dernières années des avancées considérables. Ceci se traduit par le saut à la fois quantitatif et qualitatif observé dans le secteur et ce sur plusieurs fronts. L’agriculture et l’agroalimentaire représentent en chiffres une contribution de 18 à 20% au PIB national, de 40% à l’emploi national et de 80% à l’emploi rural sans oublier son apport à la sécurité alimentaire du pays, à l’équilibre des territoires et à la gestion des ressources naturelles.

Le pari PMV réussi

De grandes mutations ont été opérées dans l’agriculture marocaine. Une transformation qui s’est répercutée sur l’ensemble de la chaîne de valeur agricole renforçant la contribution des territoires ruraux au développement de l’économie nationale. Une émulation positive a été créée tout au long de la mise en oeuvre du Plan Maroc Vert. Les objectifs du plan en termes de développement, de modernisation et d’investissement ont été pleinement remplis. Le dispositif portait sur le renforcement de l’assise agricole, la stimulation de l’investissement, la valorisation des produits locaux ainsi que l’élargissement du champ du partenariat public-privé et de la coopération internationale. Tous ces éléments ont fait de l’expérience agricole marocaine un modèle inspirant pour le voisinage, notamment africain. Un succès qui résulte de l’implication de toutes les parties prenantes publiques soient-elles ou privées. La synergie de l’ensemble des acteurs a fait que cette vision évolue dans le temps. Le ministère de l’agriculture avec toutes ses instances (directions régionales, ADA, ONCA, ONSSA, EACCE) a orchestré cette dynamique à laquelle ont adhéré également de grands institutionnels marocains et bailleurs internationaux. Citons à titre d’exemple le Groupe OCP, Crédit Agricole du Maroc, la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, etc.

Vers le développement d’une nouvelle ruralité

Le Plan Maroc Vert a réussi à jeter les fondements d’un nouvel ordre agraire. En capitalisant sur ces acquis, l’agriculture nationale poursuivra sa transformation. Un nouvel élan sera insufflé dans le secteur à travers le lancement de la deuxième version du Plan Maroc Vert. La tutelle et les départements concernés se penchent sur l’identification d’un nouveau cadre agricole qui répond pleinement aux exigences du nouveau modèle économique du pays. L’agriculture jouera un important rôle dans cette transition. Les dernières Orientations royales visent le développement d’une nouvelle ruralité. Une nouvelle classe moyenne rurale devra émerger exerçant sa double vocation de facteur d’équilibre et de levier de développement socio-économique à l’image de la classe moyenne urbaine et du rôle clé qui lui est dévolu. L’enjeu étant de consolider les acquis réalisés dans le domaine agricole et decréer de nouvelles activités génératrices d’emplois et de revenus.

Les Instructions royales portent sur la mise en place de dispositifs innovants propres à inciter les agriculteurs à adhérer davantage à des coopératives et groupements agricoles productifs et à suivre des formations en matière agricole. Ce grand projet de «décollage rural» place la relève agricole au coeur de ses priorités. Les opportunités d’emplois qui seront créées renforceront davantage l’attachement des jeunes à la valorisation de leurs terres et à la préservation de leur vocation agricole.
Les Orientations royales tendent également à ouvrir l’accès à la propriété des terres agricoles aux ayants droit. Sitôt l’appel royal lancé, un million d’hectares a été mobilisé au profit des petits agriculteurs. Les agriculteurs concernés seront appelés à optimiser l’exploitation de ces terres en tirant parti du soutien de l’État que cela soit en termes de formation ou d’appui financier.

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