Loterie : Les ambitions de Sisal au Maroc

Loterie : Les ambitions de Sisal au Maroc

Un TRJ de 70 %, près de 3.000 points de vente et le développement d’un «jeu responsable»

Le 1er janvier 2019 est la date du démarrage effectif de l’activité de Sisal au Maroc. L’entreprise italienne spécialisée dans les jeux et services de paiement a été retenue, pour une durée de 8 ans + 2, pour développer les opérations de la Société de gestion de la loterie nationale (SGNL). Une implantation qui intervient après que Sisal a remporté le dernier appel d’offres de la loterie nationale auquel ont participé l’opérateur grec  Intralot dont le contrat avec la SGNL arrive à échéance et la Société royale d’encouragement du cheval (Sorec). «Sisal est fier de cette collaboration, à travers laquelle la SGLN contrôle toutes ses opérations. Nous allons mettre tout notre savoir-faire dans la gestion et le développement d’un portefeuille complet de jeux», assure dans ce sens Emilio Petrone, président-directeur général de Sisal, lors d’une rencontre avec un groupe de journalistes marocains au siège de l’entreprise à Milan. Dans une perspective de partenariat basé sur une relation de confiance, Sisal a choisi de créer une entité marocaine à Casablanca constituée d’une équipe marocaine pour développer dans un premier temps l’activité loterie avant d’étendre sa présence au Maroc aux services de paiement qui font partie du core business du Groupe.

Il s’agit en effet de la première filiale de Sisal à l’échelle internationale. Ce choix s’explique par les opportunités d’affaires que présente le Maroc à l’entité italienne qui est l’un des leaders mondiaux de l’activité jeux et services de paiement. «Le Maroc représente pour Sisal une porte d’entrée dans un marché énorme qui est l‘Afrique. C’est une première étape de notre développement international qui regorge d’opportunités encore plus grandes», précise le management de Sisal. Sisal loterie Maroc injecte sur le marché national un investissement de 10 millions d’euros, soit l’équivalent de 110 millions de dirhams. Cette enveloppe est répartie entre le volet technique et les ressources humaines. Si les équipes de Sisal Maroc s’installent doucement, le plan de développement de l’entreprise au titre des 10 prochaines années particulièrement sur le segment loterie est d’ores et déjà défini. Sisal compte développer au Maroc un «jeu responsable». Cette responsabilité qui, selon Marco Caccavelli, (voir entretien) est certifiée par un organisme international, consiste dans le fait d’offrir au joueur la possibilité de rêver sans tomber dans l’addiction. «Certes, la possibilité de gagner n’est pas très fréquente, mais une fois le but atteint, le gain s’avère important», indique-t-il. Techniquement, Sisal et SNGL ambitionnent de doubler le chiffre d’affaires à terme de ce partenariat. Les deux parties s’engagent également à doubler le réseau en passant de 1.500 à 3.000 points de vente en les dotant de moyens innovants tels que des terminaux connectés directement au système de la loterie nationale ou encore des moniteurs qui communiquent avec les joueurs en affichant instantanément les résultats des tirages, le niveau de jackpots et combien de gagnants au niveau des  points de vente, sans parler des plates-formes digitales et d’événements virtuels qui vont être développés offrant aux joueurs marocains une nouvelle expérience de jeu.

Parmi les objectifs fixés figure également l’augmentation du taux de retour aux joueurs (TRJ) pour mieux récompenser les joueurs. Le but étant de le faire passer de 50 à 70%.

A noter que l’industrie des jeux de hasard au Maroc tourne autour de 9,5 milliards de dirhams répartis entre la Sorec (70%), la Marocaine des jeux et des sports (20%) et la loterie nationale (10%).

Après la loterie, Sisal vise les services de paiement au Maroc

 

Entretien avec Marco Caccavale, directeur général de Sisal loterie Maroc

ALM : Pourquoi avez-vous choisi le volet loterie pour démarrer votre activité au Maroc sachant que vous opérez également sur le segment service de paiement et qui pourrait vous garantir plus de visibilité au niveau national ?

Marco Caccavale : Il nous est tellement délicat de tout préparer d’ici le 1er janvier. C’est dans ce sens que nous avons choisi de démarrer par la loterie et surtout réussir sur ce segment avant de développer d’autres business au Maroc. Nous sommes actuellement en phase d’évaluation et d’exportation de notre savoir-faire avec une perspective de développer prochainement les services de paiement qui sont un marché très intéressant et connaissent une très forte évolution au Maroc.

En ce qui concerne la loterie, la marque Sisal ne sera pas visible sur le produit mais votre touche sera plus sentie dans les points de vent. Combien comptez-vous en développer au Maroc et comment ?

L’objectif est d’arriver à environ 3.000 points de vente sur l’ensemble du territoire que nous allons équiper de façon innovante. Pour atteindre cet objectif nous avons défini des plans régionaux mais également une typologie de points de vente. Au Maroc il existe trois catégories de canaux de commercialisation. La première catégorie que nous comptons développer est celle des points de vente spécialisés qui est le plus importante dans la mesure où elle constitue le point de ventes qui développe le plus de chiffre d’affaires. Nous allons également équiper les bureaux de tabac et cafés. Nous disposons également d’un plan de développement pour les canaux alternatifs, à savoir les bars, kiosques de journaux et même les plates-formes virtuelles.

Est-ce que l’innovation que vous allez introduire n’impactera pas le prix des jeux ?

Le prix restera le même, par contre le gain augmenterait. Techniquement, chaque jeu a un taux de retour aux joueurs «TRJ», à savoir la partie de la mise qui va être donnée au joueur qui gagne. A ce jour, le TRJ moyen au Maroc est de 50 %. Nous comptons augmenter cette partie pour qu’elle atteigne dans l’avenir jusqu’à environ 70 %.

La responsabilité sociale est l’un des axes sur lequel vous êtes très actifs. Comment comptez-vous agir au Maroc ?

Nous travaillons aujourd’hui sur différentes propositions. Le but est d’être présents avec des activités créatrices d’opportunités. Nous ne voulons pas intervenir comme un acteur étranger qui veut apporter des solutions sur des questions sociales mais plutôt de développer des actions qui apportent quelque chose de positif à la communauté, notamment à travers le sport et le divertissement.

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