L’UE attend des clarifications sur les déclarations de Poutine

L’UE attend des clarifications sur les déclarations de Poutine

Bruxelles souhaite des «clarifications» après l’annonce par la Russie de sa volonté d’adhérer à l’OMC avec le Bélarus et le Kazakhstan, qui pourrait être «purement politique» ou signifier qu’elle renonce en fait à y entrer, ce qui serait un coup très dur pour l’UE. «Nous allons attendre d’avoir des clarifications de la partie russe avant de spéculer» sur ce que cela veut dire, a indiqué, mercredi, le porte-parole de la Commission européenne pour les questions commerciales, Lutz Güllner, lors d’un point de presse. «Nous allons en discuter avec les autorités russes dans les prochains jours, à tous les niveaux appropriés», a-t-il ajouté.
Le Premier ministre russe Vladimir Poutine a déclaré, mardi, que la Russie, le Bélarus et le Kazakhstan allaient «informer l’OMC de l’intention de la (future) union douanière russo-kazakho-bélarusse de commencer des négociations sur l’adhésion à l’OMC en tant que territoire douanier uni». Et qu’ils allaient arrêter «le processus d’adhésion (individuelle) de la Russie, du Bélarus et du Kazakhstan» à l’Organisation mondiale du commerce. Preuve de l’embarras que ces déclarations ont suscité côté l’UE, le porte-parole a rappelé que lors du Forum économique de Saint-Pétersbourg la semaine dernière, «les Russes ont confirmé leur objectif d’achever le processus d’adhésion à l’OMC d’ici la fin de l’année». Et au sommet UE-Russie fin mai en Extrême-Orient russe, «le président russe (Dmitri Medvedev) a souligné à nouveau que l’adhésion à l’OMC était une priorité», a-t-il rappelé. «Evidemment, nous prenons les déclarations du président russe très au sérieux», a-t-il rappelé. Selon une source proche de la Commission, il y a trois hypothèses. La première est qu’il ne s’agit «que d’une déclaration politique (de M. Poutine) et qu’il n’y aura aucun impact sur le processus d’adhésion en tant que tel». Une autre hypothèse est au contraire «qu’ils veulent accélérer les choses ou contrôler l’adhésion du Bélarus et du Kazakhstan». La troisième possibilité – «la pire», selon cette source, qui la juge néanmoins «peu probable» – est «qu’ils veulent carrément stopper tout le processus d’adhésion et recommencer à zéro». En attendant de connaître la véritable raison, les déclarations de M. Poutine – que plusieurs porte-parole de l’UE ces derniers jours ont qualifié par erreur de «président russe» – ne peuvent que renforcer la frustration des Européens. Depuis des années, l’UE soutient l’adhésion à l’organisation qui fait office de gendarme du commerce international de la Russie, dernière puissance économique à ne pas en faire partie. Elle en attend plus de prévisibilité de Moscou, qui l’a parfois surprise par des mesures qu’elle juge contraires aux règles de l’OMC, sans avoir d’autre recours que des négociations bilatérales. Certaines de ces mesures – comme les taxes russes à l’exportation sur le bois – sont d’ailleurs en partie à l’origine de l’enlisement de l’adhésion russe, qui a tourné au blocage avec le conflit russo-géorgien d’août 2008.

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