L’UE réclame la réciprocité

Le prix de l’ouverture. C’est ce qu’a revendiqué directement et clairement la délégation européenne venue assister au deuxième round des négociations agricoles entre le Maroc et ses partenaires d’outre méditerranée. Les propositions avancées par les européens ont pris un tournant prévu certes mais contraignant pour l’économie marocaine.
Le fond de leur demande s’articule autour de l’extrême urgence d’une réciprocité dans l’ouverture des marchés des deux parties. « Les Européens ont assuré qu’ils sont compréhensifs quant au risque que peut susciter une ouverture brutale du marché marocain aux produits émanant du vieux continent. Comme solution, ils ont proposé un démantèlement en douceur des droits de douanes actuellement en vigueur», explique M. Benabdejlil, producteur et exportateur d’agrumes. En clair, ils désirent obtenir progressivement une exonération pour quelque 30 % des produits agricoles exportés au Maroc. Sont à citer les céréales, la viande et le lait. Et d’ajouter, « ils ne tolèrent pas que le Maroc, importateur net de blé s’approvisionne de la Russie, alors qu’il est plus raisonnable de traiter avec un partenaire, l’Europe en l’occurrence, qui ouvre ses portes à ses exportations ».
Du côté de l’APEFEL (association des producteurs et exportateurs de fruits et légumes), la réclamation de la commission européenne ne doit choquer personne. Selon Abderrazek Mouisset, président de l’association, «on s’attendait à ce qu’il y ait cette exigence de la part de l’Europe». Et de poursuivre «si au niveau des produits industriels, le démantèlement douanier suit son cours, en matière d’agriculture, le dossier a été mis à l’écart. Et pour cause, les produits concernés sont très sensibles car issus d’une production agricole archaïque donc vulnérable».
Actuellement, le ministère de l’agriculture se penche sur l’examen des différentes propositions exprimées par l’Europe. « Quelque 150 suggestions ont été soumises à notre avis. Il faut avant de procéder à toute action trouver une réponse à une question élémentaire qui est de savoir si ces demandes sont supportables ou non par notre pays. Nous sommes en train d’étudier quelle sera l’implication d’une mise en oeuvre de telles résolutions », assure Hassan Abderrazik, secrétaire général du ministère de l’agriculture. Un avis partagé par M. Mouisset qui assure qu’avant de rentrer dans le vif du sujet, le Maroc doit faire des choix décisionnels. « Notre pays doit savoir précisément ce qu’il doit concéder et à quel niveau », assure M. Mouisset.
Préalablement, le différend d’interprétation de l’accord d’exportation de la tomate doit être réglé et le toilettage de l’ancien accord agricole finalisé. Ce dernier a l’inconvénient outre d’omettre certains produits de la liste des exportations acceptées aux frontières européennes de n’accepter certains produits qu’à des quantités, jugées insignifiantes. L’exemple de la rose ou encore des produits agro-alimentaires est à citer. L’ensemble de ces points seront discutés dans le cadre du prochain round prévu dans un mois et demi.

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