L’UE veut une meilleure coordination

L’UE veut une meilleure coordination

Les Européens ont décidé mardi à Bruxelles la création d’une cellule de crise pour coordonner leurs décisions et éviter ainsi un nouveau chaos dans le ciel comme celui provoqué à la mi-avril par le nuage de cendres crachées par le volcan Eyjafjaall en Islande. Le siège laissé vacant par le ministre irlandais des Transports Noel Dempsey, bloqué à Dublin par la fermeture de l’espace aérien irlandais, a rappelé à ses homologues la capacité de nuisance de ces cendres. «Aujourd’hui, nous avons fait un pas vers plus d’Europe avec des décisions partagées, une coordination et une coopération», a assuré le ministre espagnol des Transports José Blanco, dont le pays préside l’UE. Mais «il ne s’agit pas de créer une autorité supranationale. Seulement d’assurer des mécanismes de coordination» des décisions, a expliqué le commissaire européen aux Transports Siim Kallas. «La décision finale reste aux Etats», a-t-il reconnu. Lorsque le volcan s’est réveillé le 14 avril, les Etats de l’UE ont opté pour le risque zéro et fermé leurs espaces aériens. Mais ils l’ont fait sans concertation, pour des périodes liées à l’évolution de la météo, empêchant les compagnies de programmer leurs vols. «Les 15 et 16 avril, ce fut le chaos», a commenté M. Kallas. «Près de 100.000 vols ont été annulés et plus de 10 millions de passagers ont été bloqués», a-t-il rappelé. Cinq jours plus tard, les Européens ont décidé de créer trois zones au sein de l’espace européen : une zone rouge, où la densité des cendres interdit les vols, une zone grise, où le risque est acceptable, et une zone non touchée. Une partie de l’espace irlandais est actuellement en zone rouge. Les ministres veulent confirmer ce principe pour leurs décisions futures. Une nouvelle méthodologie sera mise au point pour évaluer la gestion des risques et procéder à la fermeture et à la réouverture de l’espace aérien. Elle sera soumise pour approbation à l’assemblée générale de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) en septembre et ne pourra pas entrer en application avant. Ils ont également décidé d’accélerer la mise en place du ciel unique européen. L’idée lancée en 1999 pour s’adapter au développement du trafic aérien prévoit de passer d’un contrôle effectué par chacun des vingt-sept pays à la surveillance de zones plus étendues avec un contrôleur unique en 2012. Le patchwork composé de 27 espaces aériens sera réduit à neuf blocs. La France fera partie du bloc «Europe centrale» avec l’Allemagne, le Luxembourg, la Belgique et les Pays-Bas et s’est engagée à signer avant la fin de l’année 2010 le traité de création de ce bloc, a annoncé le secrétaire d’Etat français aux Transports Dominique Bussereau. Le développement du programme SESAR, volet technique du ciel unique, sera également accéléré. Il s’agit toutefois d’un programme très onéreux pour un investissement global de 30 milliards d’euros en grande partie à la charge des compagnies aériennes et des aéroports. Les ministres n’ont pas souhaité entrer dans les discussions financières. L’état de leurs finances ne leur permet pas d’assumer des engagements et les pourparlers sur les dédommagements éventuels des compagnies aériennes ont été renvoyés à plus tard.

 Christian Spillmann (AFP)

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