Macroéconomie : Bruxelles rappelle à l’ordre la France et l’Italie

La Commission européenne a appelé la France et l’Italie à être « plus ambitieuses » dans leurs efforts de réduction des déficits publics, pour éviter qu’ils dépassent à nouveau les limites autorisées par le Pacte de stabilité européen. « L’analyse des programmes de stabilité actualisés de la France et de l’Italie montre que ces pays doivent être plus ambitieux dans leurs efforts pour parvenir à leur objectif à moyen terme d’équilibre de leurs finances publiques», a souligné la Commission dans un communiqué. « Cela nécessitera que la France réduise substantiellement ses dépenses publiques», qui restent actuellement très élevées, autour de 53% du Produit intérieur brut (PIB), ajoute la Commission. La Commission a demandé à la France d’accélérer la réduction de ses déficits publics et de parvenir à l’équilibre des finances dès 2010, sans attendre 2012, tout se voulant “flexible”. Dans une recommandation qui sera débattue par les ministres des Finances des Vingt-Sept en février ou en mars prochain, l’exécutif européen se montre sévère pour le programme de stabilité actualisé présenté par la France le 30 novembre 2007. La Commission estime que l’hypothèse de croissance économique retenue par la France pour 2008, qui est de 2,25% pour 2008 et de 2,5% ensuite jusqu’en 2012, est trop “favorable”, puisque les autorités européennes ont déjà annoncé que leur propre prévision – 2% en 2008 – serait revue à la baisse lors des prévisions économiques de printemps.
« La France est invitée à renforcer considérablement le rythme de la consolidation budgétaire et de la réduction de la dette pour qu’une marge de sécurité suffisante, afin d’éviter un dépassement du seuil de 3% du déficit, soit atteinte plus rapidement que prévu», peut-on lire dans la recommandation.
L’exécutif européen note que les réformes structurelles se sont ralenties en 2007 et celles annoncées en matière de réduction des dépenses et dans la sécurité sociale
« devront être spécifiées et leur effectivité devront être testées ».
La France est l’un des pays qui consacre la plus grande part de son PIB à la dépense publique – 53% contre 46,5% en moyenne dans la zone euro – ce qui rend les réformes urgentes. Quant à l’Italie, elle devra "faire des progrès plus rapides en 2008", estime-t-elle. L’Italie prévoit un déficit public d’environ 2% en 2007 contre 4,4% en 2006, grâce à l’amélioration des rentrées fiscales, après avoir dépassé pendant plusieurs années le seuil des 3% du PIB prévu par le Pacte européen de stabilité. L’Italie reste cependant avec la France en queue des pays de l’Union européenne en termes de réduction des déficits publics. La France, prévoit un déficit de 2,4% du PIB en 2007 et 2,3% en 2008, puis de 1,7% en 2009. Selon ce scénario, les finances publiques ne renoueraient avec l’équilibre qu’en 2012, alors que les pays de la zone euro se sont engagés en avril 2007 à atteindre cet objectif d’ici 2010. Les recommandations émises par la Commission doivent ensuite être soumises aux ministres des Finances de l’UE. Elles interviennent pour l’Italie dans un contexte politique troublé: le Premier ministre Romano Prodi, qui a réussi à améliorer nettement les comptes publics du pays, vient de jeter l’éponge après vingt mois en poste. Le dirigeant de la droite italienne Silvio Berlusconi, à qui M. Prodi avait succédé, est donné favori pour devenir le nouveau chef du gouvernement en cas d’élections anticipées. La France affirme de son côté vouloir poursuivre ses efforts de réduction des déficits. Mais les relations avec Bruxelles, peu convaincu jusqu’ici, se sont tendues ces derniers mois.
Le gouvernement français appelle la Commission et ses partenaires européens à la patience en arguant que les réformes économiques et sociales engagées amèneront davantage de croissance et permettront au bout du compte de réduire les déficits.

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