Main basse sur les CRT

Main basse sur les CRT

L’institutionnalisation du financement des CRT, grâce en partie aux fonds des collectivités locales, est en cours. La perspective de budgets conséquents attire des convoitises et relègue au second plan la question de l’harmonisation des statuts. Sur ce point, les divergences apparaissent entre d’une part, la Fédération nationale du tourisme, favorable à une «inféodation» des CRT  et d’autre part les présidents élus, convaincus que le caractère local d’un tel organisme en constitue l’efficacité. Pour Kamal Bensouda, le président du CRT de Marrakech, une telle confusion ne doit pas être faite : «la Fédération du Tourisme regroupe les métiers alors que les CRT s’occupent des produits ». Idem pour le président du conseil communal de la ville d’Agadir, Tariq Kabbaje, qui notait courant juillet que tout changement serait un recul et «nous ramènerait dans des situations où les élus ne joueraient plus leur rôle dans le développement local».
La bataille a commencé en décembre 2004 lorsque Jalil B. Taarji réclame un document signé par les CRT, une sorte de décharge.  Vite refusée d’ailleurs. Par la suite, sous prétexte de la  restructuration, le président de la Fédération du tourisme revient à la charge en brandissant aux présidents du CRT l’épouvantail des FRT, les Fédérations régionales du tourisme, prévues dans l’accord cadre. Là, il y a problème.  Les présidents de ces nouvelles fédérations doivent être ceux du CRT, étant donné que la FRT n’est, selon l’accord cadre, que le regroupement du collège privé d’où est issu le président du CRT. Les avis ne sont pas partagés. A Casablanca par exemple, où les privés sont assez mal représentés dans leur CRT, tout est parti pour que l’on est un président du CRT et un président du FRT différents. Un face à face improbable à Agadir et à Marrakech où le consensus est trouvé pour une prise en main de la FRT par le CRT.
Pour parer à toute éventualité, les CRT ont pris les devants, depuis leur réunion du 22 juillet, soit quatre jours avant la réunion du bureau fédéral de la FNT, devant traiter de la fameuse restructuration. Objectif visé dans cette course contre la montre: faire amender l’article de l’accord d’application du contrat programme stipulant que le président de la FRT est automatiquement le président du CRT.
Seulement, à Casablanca, Othman Chérif Alami ne l’entend pas de cette oreille. Drapé du titre de président de la commission Restructuration FNT, il informe aux différentes associations , début août, de la décision prise  à Casablanca pour la mise en place de la Fédération régionale du tourisme.
Perçue comme une fuite en avant, la décision de M. Alami qui se réfère à celles prises «durant la dernière assemblée générale du CRT » déclenche un véritable tollé. Immédiatement, le CRT de Casablanca s’inscrit en faux : l’assemblée générale n’a pris aucune décision dans ce cens ». Le comble est tel que, Taarji lui-même, présenté à tort et à travers comme l’un des inconditionnels des FRT, fustige Alami, en jugeant l’initiative regrettable et « passible d’une demande d’explication écrite qui sera évaluée lors du prochain bureau du 14 septembre. »
Outre les FRT, les CRT devaient présenter aussi un projet de statuts, dans une logique d’autonomie par rapport à la Fédération. Mais là, au sujet des statuts c’est l’éparpillement. On est loin d’être logé à la même enseigne de Tanger à Oujda et de Marrakech à Agadir. Si ces deux derniers CRT ont des statuts clairs et bien rédigés, qu’en est-il des autres, de Meknès par exemple ?
Pour trouver le moyen terme, deux réunions des présidents des CRT sont organisées avec la majorité des membres. Au final, un projet de convention a été décidé. Confié à un cabinet parisien, ce texte général comporte des passages clés. Le financement des CRT en constitue la clé de voûte. La réforme de la TPT (Taxe de promotion touristique) y est abordée de manière consensuelle : la convention ne stipule pas le montant de cette dotation, laissant cette discrétion au ministère et à l’Office du tourisme. Concernant la réorganisation administrative des CRT, le document prévoit une organisation assez charpentée, professionnelle et pouvant fonctionner quelle que soit la capacité managériale du président.

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