Maintenance : il y a urgence en la matière

Maintenance :  il y a urgence en la matière

Il est grand temps d’ouvrir, sérieusement, le dossier de la maintenance et la sécurité industrielle. Les enjeux économiques, sociaux et environnementaux sont très importants pour être encore reportés aux calendes grecques. L’incendie d’un bac de la raffinerie Samir à Mohammedia, jeudi 18 septembre, et celui de Maroc Phosphore à Safi après des émanations enregistrées vendredi dernier, ne doivent plus laisser indifférents. Derrière de tels incidents, un ensemble de facteurs dont la vétusté des infrastructures, le manque de rigueur dans la surveillance et la détection du feu et l’insuffisance des moyens d’intervention. Par ailleurs, une réunion entre des membres du gouvernement et les responsables de la société a eu lieu à Rabat au cours de laquelle « il a été demandé à ces derniers de mettre en oeuvre la décision de délocalisation des installations de la SAMIR, vu qu’il s’agit du deuxième incendie en l’espace de neuf mois » précise le communiqué publié par l’agence MAP le 19 septembre. Dans le cas de Maroc Phosphore, une quinzaine d’agents de Maroc Phosphore se sont sentis incommodés par des émanations lors du démarrage d’une ligne de fabrication d’acide sulfurique. Face à ces situations catastrophiques, à l’image de ce qui s’est produit à Toulouse à l’usine AZF, il est plus qu’urgent de revoir les conditions de sécurité de ces sites. Au fil du développement de la concurrence et de la course à la compétitivité, qui entraîne recherche de la qualité totale et surtout la réduction des coûts, au fur et à mesure de la complexification et de l’automatisation des processus de production, la maintenance est devenue une des fonctions stratégiques de l’entreprise. Loin d’être aujourd’hui stabilisée, elle évolue au gré de l’introduction de nouvelles méthodes de gestion, du développement technologique des outils de production, en particulier dans les domaines de la mesure et du contrôle de fonctionnement, de la systématisation progressive de l’usage des normes et des procédures… L’ensemble de ces facteurs modifie non seulement les modes d’organisation de la fonction-maintenance mais aussi les activités des techniciens et ouvriers qui opèrent dans ce champ. Dans l’entreprise, la fonction «maintenance» consiste de moins en moins souvent à remettre en état l’outil de travail mais de plus en plus fréquemment à anticiper ses dysfonctionnements. L’arrêt ou le fonctionnement anormal de l’outil de production, et le non-respect des délais qui s’en suit engendrent en effet des coûts que les entreprises ne sont plus en état de supporter. Elles ne peuvent plus attendre que la panne se produise pour y remédier mais doivent désormais s’organiser pour procéder aux diverses opérations qui permettent de l’éviter. On est ainsi passé d’une «maintenance curative» à une «maintenance préventive», qui se traduit par la définition de plans d’actions et d’interventions sur l’équipement, par le remplacement de certaines pièces en voie de dégradation afin d’en limiter l’usure, le graissage ou le nettoyage régulier de certains ensembles. Ces actions préventives étaient dans un premier temps effectuées de façon systématique selon des calendriers prédéfinis. Elles permettaient effectivement d’anticiper les pannes, mais au prix d’un alourdissement important des coûts de maintenance. Grâce à l’évolution des technologies de diagnostic et de contrôle, en particulier des capteurs, une nouvelle maintenance se développe aujourd’hui. Elle utilise des techniques de prévision des pannes comme, par exemple, l’analyse des vibrations ou des huiles. Ce stade ultime de la maintenance, dite « prédictive » ou « préventive conditionnelle », permet de remplacer des pièces justes avant leur rupture. Le passage de la maintenance curative à la maintenance préventive conditionnelle n’est cependant pas systématique. Il vise moins à minimiser les coûts de maintenance qu’à les optimiser en fonction des objectifs de production. Il peut ainsi être économiquement rentable d’appliquer une maintenance préventive systématique à un processus de production particulier, par exemple pour un produit-phare à forte marge bénéficiaire, alors que la maintenance curative peut s’avérer la seule «économiquement acceptable» pour un autre produit ou équipement, sur lequel on a l’expérience et l’habitude de réparer des pannes. Les entreprises sont appelées, donc, à opérer des choix parmi les différents types de maintenance en fonction de multiples éléments techniques, économiques, de facteurs internes ou externes.

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