Majida Maârouf : La production aquacole s’est élevée à 15 milliards de dirhams en 2012

Majida Maârouf : La production aquacole s’est élevée à 15 milliards de dirhams en 2012

ALM : Quelle est la part de marché de l’aquaculture dans les débarquements de poisson au Maroc? 

Majida Maârouf : Le secteur halieutique marocain est aujourd’hui essentiellement dominé par l’activité de pêche. Celle-ci assure une production annuelle d’environ 1 million de tonnes par an, dont résultent 8,2 milliards de dirhams en termes de chiffre d’affaires. Le Maroc a produit en moyenne 900 tonnes par an entre 1999 et 2010. En 2005, la production aquacole nationale a atteint son pic avec un volume de production supérieur à 1.400 tonnes essentiellement constitué (jusqu’en 2005) de daurades et de loups. En 2012, la valeur de la production aquacole s’élevait à environ 15.000 millions de dirhams correspondant à un volume de production de 413 tonnes. L’aquaculture marocaine est centrée sur la production d’huîtres, qui représente 85% du total national. La deuxième espèce produite est la daurade avec un volume de production de 35 tonnes, soit 11% de la production aquacole nationale.

Quels avantages offre notre pays de par sa position géographique en matière d’aquaculture ?

Le Maroc présente des potentialités et des opportunités fort intéressantes, particulièrement en termes d’atouts naturels, de disponibilité d’une main- d’œuvre expérimentée ainsi que de la proximité des principaux marchés. Aussi, le Maroc dispose d’un littoral de 3.500 km dont 500 km sur la Méditerranée et 3.000 km sur la façade atlantique avec une qualité d’eau exceptionnelle et des conditions naturelles favorables à l’élevage d’une large gamme d’espèces. À noter que la diversité des sites à vocation aquacole (les lagunes, les baies, la pleine mer ou les zones basses en bordure de mer) est aussi un atout considérable permettant d’abriter différents types de projets aquacoles.

 

Quelles sont les différentes techniques aquacoles possibles au Maroc et les espèces pouvant être élevées?  

Aujourd’hui, la conchyliculture représente l’essentiel de l’aquaculture marocaine. Dans la lagune de Oualidia et la baie de Dakhla, la technique d’élevage utilisée pour les huîtres est la technique sur table en eau peu profonde dans des poches et/ou caisses métalliques. Pour l’élevage du Loup Bar, en Méditerranée, la technique utilisée est les cages en offshore. Concernant la mytiliculture, elle emploie deux méthodes d’élevage en suspension, celle basée sur l’emploi de filières subflottantes et celle pratiquée par l’utilisation de radeaux flottants. L’aquaculture des huîtres et palourdes, quant à elle, pratiquée à Dakhla, repose sur l’emploi de protection contre les prédateurs. Deux techniques sont utilisées à savoir les enclos et les parcs pourvus de filets horizontaux couvrant la partie ensemencée.

 

Quelles sont les difficultés que peuvent rencontrer les aquaculteurs au Maroc ?

L’activité aquacole au Maroc brave certaines contraintes limitant incontestablement son développement. Elles portent particulièrement sur la rareté du foncier et le renchérissement de son prix en plus de la forte dépendance vis-à-vis du marché international. Cette dernière renvoie aux politiques d’aide adoptée par certains pays et les barrières douanières dressées par les pays importateurs, qui faussent extrêmement le jeu de la concurrence. Les obstacles qui entravent l’essor de la filière se caractérisent également par la nécessité de disposer d’un investissement d’installation conséquent et des besoins en fonds de roulement importants. A cela s’ajoutent les coûts élevés des intrants.

 

Comment l’ANDA participe-t-elle à la promotion du secteur ? 

S’appuyant sur les principaux leviers de développement de l’aquaculture, l’ANDA entreprend des actions ciblées qui soutiennent et favorisent l’essor du secteur et qui encouragent l’investissement dans la filière. Elle a donc depuis sa création lancé un plan d’action cohérent et entrepris des activités ciblées visant à promouvoir l’aquaculture nationale et drainer des investissements conséquents. Des actions se traduisant, d’une part, par l’élaboration d’un cadre juridique spécifique à l’aquaculture marine au Maroc. À cet égard, une consultation a été lancée afin de mettre en place un «code marocain de l’aquaculture», permettant de restructurer la filière aquacole, d’instaurer un cadre conforme aux normes internationales et d’assurer une transparence dans la gestion du secteur aquacole tout en donnant davantage de visibilité aux investisseurs.

D’autre part, l’ANDA renforce l’ancrage de la filière aquacole sur le littoral national dans le cadre d’une planification ciblée. Elle a procédé ainsi au lancement de deux plans d’aménagement en Atlantique, au niveau des régions d’Oued Eddahab-Lagouira et Souss-Massa-Drâa, et un en Méditerranée au niveau des régions de Tanger-Tétouan, Taza-Al Hoceima-Taounate et l’Oriental. L’objectif étant d’assurer une utilisation efficace et durable des ressources maritimes et de garantir une planification harmonieuse de l’aquaculture avec les autres activités.

En outre, l’ANDA a lancé l’étude de réalisation de deux projets pour le développement des activités d’algoculture et de conchyliculture à travers la mise en place de deux fermes aquacoles au niveau de deux sites identifiés dans les quatre zones du projet de gestion intégrée des zones côtières (projet GIZC) et ce au profit de deux coopératives de pêcheurs locaux. 

 

Qu’en est-il de la promotion des filiales fragiles ?

Justement, toujours en vue d’encourager l’investissement, l’ANDA a lancé une étude de faisabilité pour la création d’une écloserie marine produisant localement des alevins et des naissains. 

Ce projet vise à sécuriser l’approvisionnement des fermes aquacoles, de réduire les coûts de revient et d’améliorer la compétitivité des opérateurs privés nationaux par l’offre d’un alevin ou naissain de qualité. 

Par ailleurs, l’ANDA se veut un guichet unique assurant l’accompagnement et l’encadrement des investisseurs. Des projets d’investissement «clé-en-main» seront préparés et soumis aux investisseurs potentiels. De fait, des appels à manifestation d’intérêt seront lancés pour l’octroi des projets aquacoles. À préciser que l’activité de l’ANDA au cours du premier semestre 2013 a été marquée par la concrétisation de l’appel à manifestation d’intérêt pour le développement de l’aquaculture dans la région de Fnideq-Oued Laou en Méditerranée qui s’est traduit par l’identification d’investisseurs potentiels pour les espaces dédiés à la pisciculture.

 

Comment voyez-vous le secteur dans l’avenir ?

L’aquaculture présente un fort potentiel de croissance au Maroc et constitue un véritable levier de développement du secteur halieutique marocain. L’aquaculture peut drainer un investissement important et contribuer fortement dans la création de richesse et d’opportunités d’emploi. L’ANDA déploie tous les moyens nécessaires pour atteindre une production aquacole de 200.000 tonnes à l’horizon 2020 et porter ainsi à 11% la production aquacole dans la production halieutique. Un objectif ambitieux assigné par la Stratégie Halieutis. 

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