Marché du travail : Le FMI veut des réformes ambitieuses

Marché du travail : Le FMI veut des réformes ambitieuses

En conclusion de la mission de consultation 2019 au Maroc

Le FMI a souligné la nécessité de mettre à niveau les systèmes d’éducation et de formation professionnelle. Une révision qui permettra de réduire les inadéquations de compétences sur le marché du travail et les coûts d’embauche actuellement très élevés compte tenu du manque de capital humain qualifié.

Certes, le Maroc a considérablement amélioré son environnement des affaires ces dernières années, toutefois une nouvelle vague de réformes favoriserait plus de croissance, notamment celle tirée par le secteur privé. C’est ce que l’on peut déduire du Fonds monétaire international dans son dernier rapport sur le Maroc, en marge de la mission de consultation 2019 au titre de l’article VI avec le Maroc. L’institution financière appelle le Royaume à entamer des réformes ambitieuses sur le marché du travail.

«La mise en place de réformes qui réduiraient les coûts d’embauche des entreprises formelles sera essentielle pour améliorer le fonctionnement du marché du travail et créer les conditions nécessaires pour une production d’emplois plus forte», peut-on relever du FMI qui précise que l’atténuation des restrictions en matière d’embauche et de licenciement rendrait le marché du travail plus flexible et aiderait à réduire le chômage. Le FMI recommande à cet effet l’assouplissement de l’utilisation des contrats à durée déterminée particulièrement pour les jeunes et nouveaux demandeurs d’emploi. L’urgence étant également de mettre en œuvre des procédures plus efficaces de licenciement tout en renforçant les filets de sécurité sociale et de chômage. Le FMI a par ailleurs souligné la nécessité de mettre à niveau les systèmes d’éducation et de formation professionnelle. Une révision qui permettra de réduire les inadéquations de compétences sur le marché du travail et les coûts d’embauche actuellement très élevés compte tenu du manque de capital humain qualifié. Pour appuyer ses recommandations, le FMI a tracé des scénarios prouvant l’impact positif de son approche. L’adéquation réduction de coûts d’embauche et des coûts d’entrée réduirait en cinq ans le chômage de 2% et augmenterait le PIB de 2,5 points.

Une croissance de 4,5% attendue à l’horizon 2024

D’un point de vue plus global, le FMI évalue positivement la situation économique du Maroc. Les perspectives dressées dans ce sens sont favorables. Le FMI table sur une croissance de 4,5% à l’horizon 2024. «Cependant, ces perspectives restent soumises à des risques internes et externes importants, dont le retard de mise en œuvre des réformes, une faible croissance des principaux pays partenaires (notamment zone euro), la hausse des prix du pétrole, les risques géopolitiques et la volatilité des conditions financières», explique le FMI. Les administrateurs du FMI félicitent les autorités marocaines d’avoir mis en œuvre des politiques macroéconomiques saines. Ils ont par ailleurs salué l’accélération des réformes ayant permis d’améliorer la résilience de la société marocaine et diversifier son économie. Ils ont toutefois noté l’impact potentiel d’incertitude et des risques globaux sur l’économie marocaine appelant ainsi à un engagement continu en faveur du maintien des politiques saines afin d’atteindre une croissance plus forte et plus inclusive. Parmi les chantiers ayant suscité la satisfaction des équipes du FMI on cite la flexibilité de changes encourageant ainsi les autorités à saisir les opportunités actuelles pour poursuivre cette réforme de manière bien ordonnée et bien communiquée. Ils ont, également, accueilli favorablement l’adoption récente d’une stratégie globale d’inclusion financière et la mise en place d’une réforme fiscale qui dotera le système de plus d’équité.

Les chantiers à maintenir

Le FM a souligné dans son rapport l’importance de maintenir le rythme des réformes structurelles en vue d’atteindre un modèle de croissance plus inclusive, fondé sur le secteur privé, tout en réduisant les inégalités et en protégeant la population vulnérable. L’institution financière encourage par ailleurs les autorités marocaines à poursuivre l’assainissement budgétaire, tout en préservant les investissements prioritaires et les dépenses sociales à moyen terme. Bien que le système bancaire marocain soit sain et résilient, il est nécessaire pour le Maroc de rester plus vigilant face à sa complexité croissante et à son expansion transfrontalière.

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