Marché financier : Bourse cherche visibilité

Marché financier : Bourse cherche visibilité

Décidément, la saison estivale n’aura pas été profitable à la place financière casablancaise. Multiplication de profits warnings, tassement des indices boursiers, baisse de la liquidité… la bourse casablancaise semble multiplier les revers face à des boursicoteurs «en vacances».

Une donne qui n’a pas manqué d’impacter les volumes des investissements enregistrés durant les deux derniers mois. Les analystes s’accordent à dire que la reprise sera certaine en septembre, face à une croissance économique qui a arrêté d’être volatile et qui s’annonce sous de bons auspices.

Autre raison de rester optimiste, la baisse des cours de pétrole conjuguée au recul du déficit budgétaire. Si les perspectives semblent plutôt prêter à l’enthousiasme, la situation actuelle de la bourse, notamment en août, a de quoi interpeller.

Quatre profits warnings en un seul mois !

Août aura été le mois où les mauvaises nouvelles ont atteint leur climax sur le marché financier. Et pour cause, les profits warnings se sont succédé à la bourse de Casablanca. Le plus récent est celui de Med Paper qui vient de publier, il y a quelques jours, un bémol sur ses résultats semestriels 2015. Ces derniers annoncent un repli prévisionnel de 10% de chiffre d’affaires de la société au 1er semestre de l’année en cours.

Au début du mois, ce fut Microdata, la société de vente de matériel informatique, qui avait alerté le marché au sujet de ses résultats semestriels en berne. Le 10 août, ce sera au tour de la société de sidérurgie Sonasid.

Enfin le 12 août, la société qui se spécialise dans la production de PVC et dans la transformation de matières plastiques, SNEP, suivra le sillage de cette tendance. Le cours de la Samir, le raffineur national, a quant à lui, été suspendu de la Bourse de Casablanca avant même qu’un profit warning ne soit émis. Il faut dire que cette litanie des profits warnings avait commencé plus tôt dans l’année, notamment pour le secteur immobilier chez plusieurs entreprises cotées : Managem, CMT, Zellidja, Alliances ou encore SMI.

A la recherche d’une liquidité perdue…

Tenaces les soubresauts qui agitent la bourse casablancaise depuis 2008. «Si la place financière a retrouvé quelques couleurs, elle reste toujours en deçà de son potentiel réel surtout que nous cherchons à obtenir la primeur sur le plan continental», estime un analyste financier. On investit moins à la bourse de Casablanca. «Pourtant les autres créneaux d’investissement ne semblent pas reluisants non plus ce qui devrait normalement plaider en faveur de la place financière casablancaise : le rendement des bons du Trésor a chuté, l’immobilier n’est plus ce qu’il était et le marché des obligations offre des taux peu intéressants pour qui désire y investir», poursuit notre analyste. Or il faudrait opérer un changement radical pour restaurer la confiance et réussir enfin à positionner la Bourse de Casablanca en tant que leader régional. Et pour cause, la Bourse de Casablanca compte aujourd’hui à peine 75 entreprises contre plus de 200 entreprises en Égypte.

Pour pallier le manque de liquidités au sein de la Bourse, le gouvernement a également décidé de réformer la place financière. La dernière version du projet de loi n°19-14, relatif à la bourse des valeurs est révolutionnaire à plus d’un titre : elle offrira la possibilité pour les sociétés étrangères dont le siège social ne se situe pas à Casablanca d’y être tout de même cotées et l’ouverture d’un marché pour les PME.

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