Marché international des soins: La destination Agadir pourra-t-elle se tailler une place ?

Marché international des soins: La destination Agadir pourra-t-elle se tailler une place ?

Disposant de 1.570 lits dans le secteur public, 592 dans le secteur privé et 78 lits dans le militaire, la ville s’apprête à élargir son offre dans le secteur avec la concrétisation de plus d’une dizaine de projets médicaux.

Agadir à l’heure de son premier Salon Africa Medical Tourism Expo. En marge de ce rendez-vous tenu les 29 et 30 septembre, une journée BtoB a été organisée avec une délégation du secteur médical privé des îles Canaries et leurs homologues de la région, au niveau du Centre régional d’investissement, le 27 septembre. Le segment touristique médical semble être un nouveau produit qui fait débat au niveau de la destination. Si sur le volet investissement dans le secteur médical privé plusieurs projets ont été lancés ou sont en phase d’étude et d’approbation, aucune vision globale n’est aujourd’hui mise en place pour cibler à moyen ou long terme un repositionnement sur ce segment. Les projets approuvés vont certainement renforcer l’offre de services en matière de santé dans le secteur privé, profiter aussi bien aux locaux qu’aux résidents étrangers. Mais qu’en est-il de la stratégie à déployer pour réussir ce pari d’une destination de tourisme médical? La ville sera-t-elle capable d’étoffer son offre en la matière et se faire valoir comme destination de tourisme médical en conjuguant ses capacités futures en matière de bien-être et de santé ?

Disposant de 1.570 lits dans le secteur public, 592 dans le secteur privé et 78 lits dans le militaire, la ville s’apprête à élargir son offre dans le secteur avec la concrétisation de plus d’une dizaine de projets médicaux. Le premier étant le Centre hospitalier universitaire et la Faculté de médecine. Etabli sur une superficie de 30 ha au nord de la ville, ce projet permettra de créer 841 lits supplémentaires. A titre de rappel, ledit projet est d’un investissement de 1,82 milliard de dirhams. Le deuxième projet inscrit sur la même liste est la construction d’une clinique pluridisciplinaire «Clinika Agadir» dans la zone de Founty. Son autorisation de construire est en cours et elle sera érigée  sur une superficie de 5.059 m2. L’enveloppe budgétaire d’investissement de cette clinique est de l’ordre de 152 millions de dirhams (hors équipement). La capacité en lits de cette clinique est de 112.

Une troisième clinique pluridisciplinaire en cours de construction sera également créée à Founty avec une capacité de 54 lits et un investissement de 48,8 millions de dirhams sur une superficie de 1.670 m2. De même,  une clinique spécialisée dans l’oncologie «Borj Alhokama» est aujourd’hui en cours de construction. D’un investissement de 97,3 millions de dirhams, cette clinique disposera d’une capacité de 40 lits. Une clinique d’ophtalmologie est également en cours de construction. Elle est d’un investissement de 14 millions DH. Toujours sur la liste des investissements dans le secteur médical privé, le projet de construction d’une polyclinique dans la zone de Bensergao, avec un investissement de 7,5 millions DH et une capacité de 20 lits. Son autorisation de construire est en cours. Ceci étant, nous notons un autre projet consistant en la création d’un complexe médico-sportif «Timitar de bien-être». Il sera mitoyen au CHU. Sur une superficie de 4.000 m2, ce futur projet donnera une capacité additionnelle de 100 lits. Le coût d’investissement est de 60 millions de dirhams. D’autres projets sont dans le pipe. Nous notons dans ce sens un projet de construction d’une clinique de cardiologie, un projet de création d’une Faculté de médecine privée et deux autres projets de centre de formation dans les métiers des auxiliaires de santé et un hôpital psychiatrique.

Si ce tour d’horizon des projets médicaux en cours de finalisation ou d’approbation permet de reconnaître un nouveau mouvement  d’investissements dans le secteur médical privés il est loin d’être le seul gage d’une volonté de repositionnement comme destination de tourisme médical. L’absence d’une vision concrète entre toutes les parties concernées ou d’une étude de repositionnement sur ce segment ne permet guère de faire un pronostic dans ce sens. Soulignons que, selon la note d’analyse de France Stratégie (mars 2015, n° 27), «le nombre de patients qui se rendent à l’étranger pour recevoir des soins aurait doublé en cinq ans, passant de 7,5 millions en 2007 à 16 millions en 2012. Ce marché mondial est aujourd’hui estimé à 60 milliards d’euros.

De nombreux pays ont choisi d’investir dans le tourisme médical, les uns en misant sur le faible coût des soins prodigués (Thaïlande, Pologne), les autres sur leur qualité (États-Unis, Allemagne)». Sur le plan du développement d’une stratégie, selon la même note d’analyse, plusieurs motivations animent cette catégorie de touristes. Nous notons l’accès à des techniques et des technologies spécifiques, une meilleure qualité de soins et un délai d’attente réduit ainsi que la recherche d’un coût plus faible et des délais de remboursement courts de la part des assurances. Dans le même cadre, le marché mondial des soins est marqué par deux flux. Un flux reposant sur le moindre coût et un deuxième optant pour la qualité.

Exemples de stratégies nationales en matière de tourisme médical

En jouant sur sa compétitivité prix, l’Inde est devenue l’une des premières destinations dans ce secteur. Elle a créé un visa dit de «catégorie M», dédié au tourisme médical, qui facilite l’entrée sur le territoire des patients et de leurs accompagnateurs. Ce visa permet aux offreurs de soins de bénéficier d’une réduction d’impôt pouvant entraîner une baisse des coûts.

Le pays dispose d’autres atouts : une large partie du personnel a reçu une formation de qualité à l’étranger et parle anglais. Enfin, l’Inde mise sur la télémédecine, qui pourrait à l’avenir jouer un rôle important, tant pour soigner que pour interpréter les examens médicaux. Nous citons un deuxième exemple de Dubaï qui a mis en place «la Dubai Healthcare City» avec une ambition d’attirer tous les ans 50.000 touristes médicaux par an. Un package a été créé pour ce segment. Il comprend, entre autres, le visa, l’hôtel et activités à Dubaï en plus des soins médicaux. La stratégie de repositionnement se fera sur deux phases à l’horizon 2016 et 2020. Certes, à cette phase il est difficile de parler d’une stratégie étudiée et d’une réflexion de packaging ou de repositionnement basés sur les quatre motivations citées. Cependant, la destination a aujourd’hui la possibilité de développer des partenariats avec les professionnels des îles Canaries.

Source : Note d’analyse de France Synergie

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