Marché monétaire : Sous le signe de la régulation

Marché monétaire : Sous le signe de la régulation

Selon la rétrospective annuelle de la banque d’affaires BMCE Capital, l’année monétaire et obligataire 2004 fut marquée par la baisse du taux de facilité de dépôt à 2,25%, l’instauration des reprises de liquidites hebdomadaires à taux variables, ainsi que l’introduction en Bourse de Maroc Telecom. «Mais ces événements n’auraient pas eu le même impact en l’absence d’un environnement financier propice, à savoir la surliquidité abondante et surtout persistante du système et la rareté des titres court terme», tient préciser BMCE Capital.
En effet, le 7 janvier 2004, Bank Al-Maghrib a décidée de baisser le taux des reprises de liquidités de 100 points de base (pbs) passant de 3,25 à 2.25%. Accueillie comme un signe de détente, cette décision fût largement plébiscitée par les opérateurs du marché. D’ailleurs, quelques jours plus tard, le déclenchement d’une vague d’achats sur titres obligataires moyen terme a considérablement fait baisser les rendements des courbes primaire et secondaire jusqu’à atteindre des niveaux historiquement bas.
D’autre part, le volume important des tombées, au premier trimestre 2004, a conduit à une forte injection de liquidités dans le système, poussant les investisseurs à aller rechercher massivement des titres sur le marché. Les taux monétaires étant bas, les investisseurs n’hésitaient pas à rechercher des rendements plus intéressants sur le moyen terme, voire parfois le long terme.
Cependant, une fois l’euphorie du premier semestre passée, la méfiance s’installe. Les niveaux très bas atteints par les rendements obligataires, conjugués à l’absence de certitude quant à la privatisation de Maroc Telecom, ont fini par mettre les opérateurs dans une situation défensive : les transactions sur le marché deviennent rares et la demande de moins en moins soutenue. En outre, la faiblesse des soumissions oblige le Trésor à faire des concessions sur les rendements de certaines maturités. Mais la baisse résiste. Cependant, le niveau des taux monétaires échangés sur le marché a évité une envolée des rendements, et ce grâce à une surliquidité fortement soutenue par des fondamentaux (évolution positive des avoirs extérieurs, encaissements exceptionnels des privatisations).
Sur le marché monétaire, l’année 2004 n’a pas fait exception et a été, comme à l’accoutumée – depuis le lancement de la première licence GSM en 1999 et plus encore depuis la récente privatisation de la Régie des Tabacs en 2003-, caractérisée par une forte surliquidité.
En plus des effets prolongés des différentes opérations de privatisation, les avoirs extérieurs ont continué à progresser tout au long de l’année, avec une hausse de 9,6% à fin novembre pour atteindre 140 milliards de dirhams. Les transferts de fonds des MRE (34 milliards de dirhams ; soit, + 8,2% à fin novembre ) et les recettes des voyages (31 milliards de dirhams; soit + 10,6% à fin novembre) ont largement compensé l’aggravation du déficit commercial résultant d’un accroissement des importations de 15,3 % contre 3,6% uniquement pour les exportations.
«La masse monétaire a ainsi progressé de 5,3% sur un an, une progression qui s’est traduite par l’augmentation des ressources bancaires d’environ 26 milliards de dirhams», précise la BMCE Capital.
Ce contexte de surliquidité a incité Bank Al-Maghrib à intervenir dès le début de l’année en adaptant son dispositif de régulation monétaire à la situation du marché. En effet, le 7 janvier, BAM a introduit la facilité de dépôt permanente à 24 heures au taux de 2,25% et a permis aux banques d’effectuer des opérations de reprises de liquidités d’une durée de 7 jours, à taux variables, par voie d’appels d’offres hebdomadaires ; une décision qui oriente rapidement le loyer de l’argent à des niveaux proches du «nouveau taux directeur»; soit 2,25%. Cette décision reste la seule de nature endogène à avoir influencé l’évolution du loyer de l’argent en 2004.
Il faudra, en effet, attendre la fin de l’année pour voir de nouveaux changements dans les dispositions réglementaires de la Banque centrale. En effet, le 21 décembre, le Conseil de BAM a autorisé le remplacement des avances à 5 jours par des avances à 24 heures au taux de 4,25% ainsi que la suppression des avances aux taux exceptionnels de 8,25 et 10,25%; une décision qui est entré en vigueur au début de l’année 2005, et qui a pour but de simplifier le refinancement du système bancaire auprès de l’institut d’émission.
« Nous rappellerons que les taux directeurs et le coefficient de la réserve monétaire obligatoire n’ont pas changé respectivement depuis décembre 2002 et septembre 2003», est-il mentionné.

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