Maroc-Chine : transformer l’essai

Maroc-Chine : transformer l’essai

La visite du président chinois, Hu Jintao,  au Maroc s’est conclue par la signature de plusieurs accords économiques entre les deux pays.  Sept accords de coopération couvrant des domaines aussi variés que le tourisme, la santé, la culture, les travaux publics, la recherche scientifique et la technologie. Côté marocain, c’est l’accord signé sur la livraison de phosphates entre l’Office chérifien des phosphates (OCP) et la compagnie chinoise Sinochem qui constitue la grosse satisfaction. Les exportations devraient atteindre les 750.000 tonnes d’engrais phosphoriques à l’horizon 2010. L’autre objectif, attendu par certains secteurs d’activité, à savoir rééquilibrer les échanges commerciaux entre les deux pays restera tributaire beaucoup plus de la qualité des accords signés. Après une phase purement commerciale, la coopération entre les deux pays devrait évoluer et faire place aux joint-ventures. Un principe défendu fortement par la délégation chinoise, laquelle s’intéresse aux gros travaux d’infrastructures engagés par le Maroc et surtout à la position stratégique du Royaume, plate-forme vers l’Europe et les USA. La signature par le Maroc (seul pays maghrébin à en bénéficier)  des accords de libre-échange avec ces deux puissances économiques  fait de lui un pays très courtisé par l’Empire du Milieu. En effet, en s’implantant au Maroc par le biais des joint-ventures, les industriels chinois pourront contourner les mesures de contingentements imposées par l’Europe et l’Amérique pour protéger leurs économies. Le Maroc offrirait aussi à Pekin une porte d’accès naturelle vers l’Afrique de l’Ouest et le Monde arabe, comme l’a déclaré le Premier ministre M. Jettou, à l’issue de ses entretiens avec le président chinois.
Le Maroc pouvait devenir une "grande plate-forme de production et d’exportation" pour les entreprises chinoises. Jusque-là, les relations économiques entre les deux pays étaient limitées au commerce et à l’envoi des produits vers un seul sens. Ce qui explique le déséquilibre commercial de 8,8 milliards de dirhams en faveur de la Chine. En 2005, avec la fin des accords multifibres qui régentaient le secteur textile au niveau mondial, la Chine a appuyé sur l’accélérateur. Ainsi, en espace d’une année, les exportations du géant asiatique vers le Maroc se sont accrues de 42,4%. De l’autre côté, ce sont les phosphates qui constituent le grand réservoir des exportations marocaines. Avant de continuer son périple africain vers le Nigeria, sixième producteur mondial du pétrole, le président chinois a suggéré que le Maroc et la Chine orientent leurs relations dans  les domaines de l’agriculture, de la pêche, du pétrole et du gaz, et qu’ils veillent à la progression de projets d’infrastructure marocains concernant les routes, chemins de fer, tunnels et télécommunications, et qu’ils promeuvent la coopération touristique avec l’espoir de mieux mettre en œuvre les accords bilatéraux à cet égard.

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